C’était il y a un peu plus de trois ans dans l’Aude. Alors qu’il donnait un coup de main à un couple pratiquant l’éco-pâturage, William Mallet a eu le déclic. De ce séjour à la montagne, il est revenu avec l’envie de se lancer dans cette activité, mais aussi avec Lena, dernière née d’une portée de Border collie. De retour chez lui, William abandonne son métier de maraîcher bio et achète cinq brebis d’Ouessant qui, ajoutées aux cinq qu’il possède déjà, composent le troupeau avec lequel il commence, début 2018, l’éco-pâturage. 
« C’est une technique d’entretien des espaces verts vieille comme le monde, non polluante et créatrice de lien social », souligne l’éleveur.
Son premier contrat, William le décroche auprès de La Montagne, commune de la périphérie nantaise. Puis une deuxième collectivité est séduite, puis une autre, si bien qu’il étoffe son troupeau pour atteindre aujourd’hui 35 animaux, tous issus de races anciennes ou menacées. Parmi eux, quatorze brebis d’Ouessant, dix brebis des Landes de Bretagne, quelques moutons hongrois Racka et des chèvres des fossés. « C’est une race rustique utilisée autrefois pour son lait, sa peau et le débroussaillage, avance-t-il. En choisissant des animaux en voie de disparition, je participe au maintien d’une diversité génétique. »

Doux et économe

L’éco-pâturage favorise aussi la biodiversité végétale. Les excréments des animaux attirent les insectes qui nourrissent les oiseaux qui utilisent la laine pour leurs nids. « Contrairement à l’outil mécanique, mettre des animaux à faible densité maintient certaines espèces végétales. Et puis ce mode d’entretien plus doux ne fait pas fuir les animaux sauvages », ajoute William. Qui plus est, la mise à disposition de ses moutons ne coûte pas plus cher qu’un entretien classique, tout en offrant une plus-value à ses clients. Pour entretenir un hectare pendant une année, il faut ainsi compter dix moutons d’Ouessant et un budget de 3 000 €, sans compter le coût de pose de la clôture. Deux ans après le lancement de son activité, William espère vivre grâce à l’éco-pâturage d’ici quelques mois. Il a déjà 4,5 ha sous contrat avec quatre collectivités et autant de particuliers. Il complète son revenu par la tonte de mouton et des ateliers pédagogiques autour de la laine.

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