Lucie Valette est agent immobilier sur le secteur de Ouistreham, à 20 min au nord de Caen. Elle raccroche son téléphone. « C’était un retraité de la grande couronne parisienne qui cherche une maison, ancienne de préférence, en bon état, le plus près possible de la mer », raconte-t-elle. Comme beaucoup, ce Francilien vient de vendre sa résidence principale et cherche un bien entre 300 000 et 600 000 euros. Avec vue imprenable sur les flots, bien sûr. « Je leur fais remarquer qu’ici, la mer n’est pas à l’ouest mais au nord et donc vue sur la mer signifie des ouvertures plein nord et donc des maisons froides. Pour autant, cela ne les dissuade pas. » La plupart du temps les jeunes retraités viennent de l’agglo rouennaise ou d’Île-de-France. Ils ont commencé par investiguer la Côte fleurie (Deauville-Cabourg-Houlgate…) et peu à peu, pour des questions de coûts principalement, se rabattent sur ce secteur. La proximité de Caen et la présence de commerces de proximité sont les deux ingrédients déterminants pour les futurs acheteurs. Rarement voire jamais de questions sur un possible risque de montée des eaux alors que le problème est majeur comme le souligne Frédéric Gresselin de la DREAL (voir p. 45). La seule question à laquelle Lucie répond régulièrement est : « y aura-t-il une place pour ma voiture ? ».

Les pieds dans l’eau

Le littoral exerce un fort pouvoir d’attraction auprès des retraités. À ce jour, ils représentent 11 % des acquéreurs dans les communes de bord de mer, soit le double de la moyenne métropolitaine. Les acquéreurs de terrains dans les communes littorales sont aussi plus âgés que la moyenne métropolitaine. Ainsi le ratio entre les acheteurs de plus de 60 ans et ceux de moins de 30 ans (indice de vieillissement) est de 0,19 en métropole. Il est trois fois plus élevé dans les communes littorales et suit un gradient nord sud : 0,37 sur la façade Manche Est - mer du Nord, 0,58 en Nord Atlantique - Manche Ouest, 0,67 en Atlantique Sud et 0,87 en Méditerranée.

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