Sur les façades des maisons de certains villages, des panneaux « A vendre » couvrent parfois même jusqu’à la moitié des habitations de la commune, jusque sur quelques bords du littoral, situés loin des grandes villes. Que s’est-il passé ? Quand on les traverse, on se dit qu’il y a dû y avoir une grave crise économique ou qu’un nuage toxique a fait fuir les habitants ou bien encore qu’un monstre caché dans un bois dévorait peu à peu les pauvres gens. C’est sûr, cela ne donne pas envie de venir habiter là, même quand le paysage est de toute beauté ! Et comme plus personne ne veut s’y établir, puisque tout le village semble à vendre, les commerces et les services ferment à leur tour… Et ainsi de suite, car sans services de proximité, pas d’installation…
Inexorablement ? Non. À l’heure de l’Internet, les agences immobilières ne sont peut-être pas obligées de mettre partout des panneaux « A vendre » (quelquefois d’ailleurs à la demande des propriétaires) ! Si elles souhaitent, par ce biais, se faire de la publicité, elles peuvent, une fois l’affaire conclue, poser uniquement des inscriptions avec la mention « vendu », et engager ainsi une spirale positive…

Le manque de locatif en milieu rural est souvent criant

La conjoncture immobilière n’étant, certes, pas favorable ces temps-ci, ne vaut-il pas mieux que les propriétaires louent leur bien à un prix raisonnable en attendant une vente potentielle ? Le manque de locatif en milieu rural est souvent criant alors même qu’il existe une demande émanant de cadres en mobilité. De plus, certains locataires peuvent également, après avoir « testé » le lieu, être intéressés par l’achat de la maison qu’ils habitent… Le bourg demeure ainsi vivant et donc riant !
Les collectivités, à l’image de ce qui se fait dans ce village de Gangi, en Sicile*, qui a fait le buzz l’été dernier, ont aussi leur carte à jouer. Plutôt que de n’avoir qu’une unique politique de lotissements ou de construction de petits immeubles neufs, elles peuvent engager une politique volontariste de rachat d’anciens logements pour les revendre, contre travaux, à un tarif attractif ou pour en faire du locatif décent !
Délaisser définitivement le patrimoine bâti des bourgs, c’est à la fois perdre un cœur de vie et l’histoire du village. 
De quoi le regretter demain…

* À Gangi, en Sicile, comme dans d’autres collectivités de cette île, les autorités locales incitent les étrangers à racheter les maisons abandonnées. Plus d’une vingtaine de propriétés sont à vendre pour 1 €. Les acheteurs doivent s’engager à rénover la maison en l’espace de cinq ans.

Saint-Paul, le 4 novembre 2014

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