Pendant trois millions d'années, l'Homme s'est nourri de végétaux qui poussaient dans la nature. L'agriculture n'a que 10000 ans. Aujourd'hui, nous avons perdu le réflexe de manger des plantes sauvages. Elles sont pourtant bien plus concentrées en minéraux, oligo-éléments, antioxydants et vitamines que la plupart des fruits et légumes cultivés. Pour être en forme, il est recommandé d'en consommer très régulièrement, mais toujours en petite quantité. Pour cela, reste à les connaître. On peut se former seul avec un ouvrage, mais rien ne remplace les sorties sur le terrain, accompagnées d'une personne aguerrie. Nous avons passé deux jours avec Véronique Pellé, cueilleuse en Rhône-Alpes, qui propose des stages de découverte et de transformation des plantes sauvages. À l'issue, les stagiaires réalisent leur propre herbier. Pour chaque plante prélevée, on indique ses caractéristiques botaniques, mais aussi des remarques plus personnelles sur son odeur, sa texture, sa saveur… « Face à une plante, notre ressenti diffère. Par exemple, le lierre terrestre sent le citron, la menthe, la lavande et la cardamome. Mais le parfum dominant ne sera pas le même pour tout le monde. Notons celui qui nous parvient en premier. Ne sous-estimons pas nos capacités olfactives, tactiles et gustatives. En concevant un herbier très personnalisé, les caractéristiques de la plante s'inscrivent durablement dans la mémoire. C'est un formidable outil pédagogique », explique Véronique. Si le stage est fort utile, chacun peut toutefois commencer seul son herbier avec des espèces simples comme le pissenlit, le plantain, l'ortie ou le pourpier (voir Village n° 119).   

Le matériel  

Il ne s'agit pas ici de concevoir un bel herbier à l'ancienne qui jaunira sur l'étagère, mais bien un outil pratique à emporter sur le terrain en complément d'une flore (petit livre de botanique). Un solide cahier, format A5, avec des pages un peu épaisses, est idéal. Lors de votre première sortie, laissez-le à la maison. L'herbier se confectionne au retour de la cueillette. En revanche, dès qu'il comportera quelques pages remplies, il deviendra le compagnon indispensable de vos balades. Et à chaque nouvelle cueillette, vous le ferez grossir. Sur le terrain, emportez de quoi cueillir : couteau ou ciseaux, sacs en papier ou en tissu pour stocker les plantes, plus éventuellement une boîte hermétique pour le joli spécimen de feuille ou de fleur que vous collerez dans l'herbier. Prenez également une flore, un appareil photo pour immortaliser chaque plante et un carnet. Sur le terrain, notez toutes vos impressions.  

 

 

 

 

 

La confection

Véronique consacre quatre pages par plante. Sur la première page de droite, collez la plante en la recouvrant quasi intégralement de scotch transparent. Ce n'est pas très esthétique, mais cela empêche la plante de devenir cassante et de perdre sa couleur en séchant. Au fil des saisons, vous pourrez coller différentes étapes de son évolution: feuilles, fleurs, etc. Sur la page de gauche, indiquez son nom commun, son nom latin et sa famille en vous aidant d'une flore. Ajoutez les critères distinctifs de la plante (forme générale, disposition des feuilles sur la tige, description de la fleur) et de reconnaissance de la famille. Au dos, sur la page de droite, collez des photos prises au moment de la cueillette, mais aussi plus tard dans la saison, quand surviennent les fruits, difficiles à coller. Dessinez un détail marquant de la plante s'il est distinctif pour vous. Par exemple, la façon dont sont positionnées les nervures. Imprimez et collez une photo des plantes toxiques qui lui ressemblent et notez les différences pour éviter toute confusion. Enfin, sur la page de gauche, indiquez où et quand on trouve cette plante, sur quel type de sol et le meilleur moment pour la cueillir. Parfois, on utilise les fleurs, les feuilles, les fruits et la racine d'une même plante. Les cueillettes se font alors à différents moments de l'année. Ajoutez une recette de cuisine, une transformation cosmétique et les propriétés médicinales.

 

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