Sur les hauteurs de Paris, Porte de Versailles, là où se déroule chaque année le salon de l’agriculture, la plus grande ferme urbaine d’Europe est en cours de construction. 14 000 m2 où seront cultivés, dès 2020, tomates, courgettes ou haricots pour alimenter des restaurants de proximité… À la campagne :ses pavillons, son agriculture intensive et ses pesticides, ses autoroutes pour fuir, le week-end venu, vers de lointaines contrées respirables ou rejoindre un aéroport. à la Capitale : sa culture de légumes sur les toits… qui seront, aussi incroyable que cela puisse paraître, labellisés bio ! 

Bien sûr, ce n’est pas avec 14 000 m2 de culture que l’on peut garantir une quelconque autonomie alimentaire aux Parisiens mais le symbole est fort. La végétalisation des villes est en route alors que les territoires ruraux peinent à installer des maraîchers sur des sols vivants. Les citoyens luttent pour éviter qu’un seul mètre carré ne soit sacrifié à l’artificialisation des terres pour la construction d’un Xème hypermarché dont les consommateurs ne veulent d’ailleurs souvent plus… 

Il est certes bien plus symbolique et médiatique d’installer des ouvriers-jardiniers sur les toits d’un parc des expositions que de prendre soin d’assurer la relève des paysans des hameaux, de protéger les terres nourricières pour permettre ensuite des échanges féconds, grâce à des mobilités durables, entre villes et campagnes, comme c’était le cas au XIXème siècle, lorsque fleurissaient foires et marchés. Sans nul doute, le verdissement des villes est important pour faire face au changement climatique. Il permet une approche pédagogique auprès de citoyens de plus en plus éloignés de l’agriculture. Mais il ne doit en aucun cas cautionner la dilapidation des terres agricoles par les élus et responsables locaux. Les espaces ruraux doivent être cultivés dignement et avec respect car ils sont plus que jamais indispensables au maintien de la biodiversité et à une alimentation de qualité, gages de la survie de l’humanité. 

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