« Avant j’avais l’impression de m’être trompée de métier. Maintenant que je travaille de cette façon, avec cette dimension humaine et naturelle, je me sens bien et à ma place. »

La vie se charge parfois de nous emmener là où on devrait être. Suite à une séparation, Sonia a remis en question son métier de coiffeuse. « Dans ce métier, vous travaillez tard et le samedi. Ce n’était plus possible seule avec deux enfants. Et j’avais de plus en plus de problèmes respiratoires avec les produits utilisés. » Malgré ses 15 années d’expérience au sein de nombreux salons de coiffures partout en France, des petits aux plus reconnus tel Franck Provost à Paris, ou encore un salon de luxe au Chesnay (78), Sonia envisage de changer de métier.

Pendant son congé parental, elle fait un bilan de compétence : « j’ai passé un test qui mettait en évidence mes aspirations : 30% l’esthétique, 30% la nature, et 30% le social. Et là ça m’a fait tilt : le camion rejoint tout. Je pourrais organiser mes horaires, choisir mes produits… » Elle achète à crédit son camping-car d’occasion pour 15 000 euros, qu’elle fera aménager par un ami.

40 ans, le grand plongeon. Elle quitte Toulouse et s’installe à Issus, un village de 470 habitants : « je n’avais jamais habité à la campagne ». D’un salon de coiffure urbain, elle va passer au camping-car vert en milieu rural. De produits très irritants, elle va passer aux produits les plus sains possibles : « même dans les produits bio vendus par les professionnels ou dans les pharmacies, on trouve des agents irritants. » Les coiffeurs et fournisseurs jouent sur l’image du label bio dans l’esprit des gens. Bio égale produits sains et sans risque. Or, certains agents sont très irritants. C’est le cas par exemple des tensioactifs comme base lavante tels le Sodium Lauryl Sulfate (on prône le côté origine naturelle de la coco) et de l’Ammonium Lauryl Sulfate, utilisés dans 95% des produits d’hygiène corporelle.

Disponibilité et professionnalisme

« Est-ce qu’elle est sérieuse ? Est-ce une bonne coiffeuse ? L’itinérance est associée aux gens du voyage et cela fait peur aux gens » confie Catarina, cliente fidèle depuis 2 ans.
Sonia précise : « ce ne sont pas les personnes âgées les plus réticentes ; avant les services ambulants étaient courants. Ce sont plutôt les 30-50 ans. » Sonia a gagné leur confiance grâce à sa disponibilité (avec ou sans rendez-vous), ses emplacements à jours fixes, l’ambiance intimiste de son camping-car ; sa qualité relationnelle, ses compétences professionnelles et son éthique. « Avec Sonia, on ne se pose pas de questions… Dans un salon de coiffure on n’est pas sûr d’avoir la même personne… Moi je suis allergique à pleins de produits… On peut venir entre 12h et 14h, c’est un gain de temps pour les loisirs… J’ose plus facilement dire ce que je veux ».

 

Horaires : 11 à 18h (sauf horaires de marché)

Où ? :
Lundi : Fourquevaux ou Odars
Mardi : Noueilles ou Auragne
Mercredi (tous les 15 jours) : Issus
Jeudi : Montbrun-Lauragais
Vendredi : Vieillevigne ou Espanes

Contact et renseignements :
itiner.hair(at)gmail.com
Tel: 06-72-53-89-51
http://itiner-hair.fr

Pour en savoir plus :
Sonia rédige actuellement un petit prospectus informatif sur les shampooings qui sera mis à dis-position des clients, et conseille le site internet www.laveritesurlescosmetiques.com/themen_048_fr.php

 

 

Trouver l'événement: 
31 Montgiscard
Un accompagnement à la création d’entreprise

La Maison de l’initiative à Ramonville Saint-Agne (31) a été déterminante pour le projet de Sonia. Recherche d’emplacements, étude de marché, business plan, recherche de financements, outils et accompagnement pour créer son site internet. « La maison de l’initiative m’a permis de trouver les bons emplacements et interlocuteurs, les aides ; et surtout de tester mon activité avant de me lancer réellement. »

Avec ces conseils, Sonia a pu intégrer le dispositif NACRE, une aide personnalisée de l’Etat aux personnes sans emploi ou à l’insertion précaire, pour créer leur entreprise. Sans cette aide, Sonia n’aurait pu financièrement réaliser son projet. Sous le statut d’auto-entrepreneur, elle tient néanmoins une comptabilité détaillée afin de se familiariser à la gestion exigée sous le statut d’entreprise individuelle. La 1ère année d’activité, elle a réalisé 7000 euros de chiffre d’affaires. Cette année, elle est en passe de le doubler. Dans les « on dit », les gens au RSA profitent du système. Sonia réagit: « moi, je suis très fière d’être au RSA, à la CMU et de m’en sortir. Petit à petit, je serai autonome. »
Actuellement, Sonia a trouvé son équilibre professionnel et familial. Elle travaille 4 jours par semaine et un mercredi sur 2 dans son village : « je peux avoir un oeil sur mes enfants », et s’octroie 7 semaines de vacances pour profiter d’eux.

Le rêve de Sonia ? Faire le tour du monde en camping-car et coiffer. Elle montre d’ailleurs avec plaisir son album photos à disposition des clients. « Je demande à mes amis en voyage de m’envoyer une photo des salons de coiffure. Là, c’est moi qui pose comme coiffeuse en Indonésie ». Si Sonia s’empresse de qualifier son rêve d’utopie, elle s’en est pourtant rappelé le jour où tout a basculé, et s’en rapproche aujourd’hui.

 

Vous aimerez aussi...