« Deux petites fermes valent mieux qu’une grande.» Placardé sur les murs de certains locaux de la Confédération paysanne, ce slogan décrit une réalité que les statistiques peinent à contredire. Selon le dernier recensement agricole, de 2000 à 2010, la taille moyenne des exploitations est ainsi passée de 42 hectares à 55, tandis que dans le même temps, le nombre d’exploitation baissait de 26 % pour atteindre le chiffre de 514 800 en 2010, alors qu’on en comptait près de 2,3 millions en 1955.Depuis l’après-guerre, l’agriculture française est engagée dans un double mouvement. D’une part, le nombre d’agriculteurs décline fortement, et d’autre part, les exploitations se concentrent. En 2010, selon l’Insee, l’ensemble des domaines de plus de vingt hectares couvrait 95,1 % de la surface agricole utilisée (SAU) en France. À lire ces chiffres, il y aurait donc matière à décourager plus d’un candidat à l’installation qui ne posséderait pas assez de foncier : s’installer sur une petite ferme relèverait du suicide, ou du moins de l’anachronisme. Pourtant, avec un peu de terre, des conseils avisés, de l’imagination et de la volonté, certains parviennent à contredire cette tendance et à créer leur activité, parfois avec à peine plus d’un hectare à disposition.

Haute valeur ajoutée

Bien sûr, avec un foncier disponible proche de l’hectare, on ne peut pas créer n’importe quel type d’activité. Les grandes cultures, l’arboriculture, l’élevage de bovins, de caprins, d’ovins et même de porcins sont inconcevables. En revanche, il existe quantité de productions, parfois marginales ou originales, qui permettent de s’installer. Dans le domaine du végétal, les plantes aromatiques et médicinales (voir témoignage ci-après), le maraîchage d’une manière générale, l’horticulture, les fruits rouges, certaines cultures à haute valeur ajoutée comme le safran, la spiruline ou la truffe se contentent de peu de terres. Du côté des animaux, il convient de privilégier les petits élevages, de poules pondeuses ou de poulets de chair par exemple, d’escargots, d’abeilles, de poissons, voire de lapins. Mais, dans ces cas précis, il faut bien garder à l’esprit que de telles espèces nécessitent l’achat de nourriture, de céréales ou de diverses farines et que l’agriculteur devient alors dépendant du cours fluctuant de ces matières premières. Si on souhaite rester autonome et produire soi-même l’alimentation pour les animaux, il faudra alors mettre en culture des parcelles importantes. De même, un maraîcher qui opte pour la traction animale, particulièrement adaptée lorsque l’on a peu de terre, devra trouver une solution pour nourrir son outil de travail. Pour un âne par exemple, les haras nationaux considèrent qu’il faut prévoir 0,8 tonne de foin par an (environ 1/4 d’hectare de prairie naturelle).

 

 

Réservé aux abonnés
Vous aimerez aussi...