Sur le marché de Chaussin (39), entre deux marchands de vêtements et face à un stand d’alarmes, René Bretin récupère dans son atelier d’affûtage mobile aussi bien des couteaux et ciseaux que des lames de scie circulaire, tronçonneuses et taille-haies. C’est le cas de le dire, les dépôts s’enchaînent : une dizaine dans cette matinée d’été.

« En ville, les gens font affûter une fois l’an des couteaux ou des ciseaux. En campagne, les besoins d’entretien sont plus larges et réguliers. En hiver les paysans tondent les vaches ; au printemps, les moutons. Les personnes âgées sont habituées à ce type de service avec les rémouleurs d’autrefois. » René Bretin travaille également beaucoup avec les centres équestres et les salons de toilettages. Ceux-ci évitent ainsi les frais d’envoi et un délai d’immobilisation de matériels. Egalement quelques restaurateurs, « mais les commandes sont ponctuelles. »

 

Affûteur : un métier accessible à tous

 

Suite à un grave accident de moto, René se retrouve handicapé de l’épaule. A 45 ans, il est licencié pour inaptitude médicale de son poste d’ouvrier en plasturgie. « Je voulais garder un métier un peu manuel mais pas retourner à l’usine. Après avoir vu un reportage à la télé sur un affûteur itinérant, je me suis renseigné. »

René s’est tourné vers un franchiseur. Le principe ? Une livraison clé en main. Concept, véhicule aménagé et savoir-faire, accès au fichier clients, contre une rétribution mensuelle. René se forme une semaine dans le Gers, et 15 jours chez un artisan affûteur en Gironde.

Il dénonce le contrat qui le lie au franchiseur et se lance en entreprise individuelle. Reconnu travailleur handicapé, il bénéficie d’une subvention, et grâce à la prime touchée par l’assurance suite à l’accident, peut emprunter 50 000 euros à la banque. Après 3 ans d’activité, il déclare 24 000 euros de chiffre d’affaire, et arrive à en vivre.

Contact :
René Bretin
Tél : 06 22 98 17 71


 

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