«Un jour, j'irai faire des cordes à Thiviers», s'était promis Anita Bocquier. Pour cette coiffeuse vendéenne, le déclic s'est opéré en 2010 alors qu'elle regardait un reportage sur Bernard Maneix, en quête de repreneur pour sa corderie située en Dordogne. La mutation de son mari dans la région, deux ans plus tard, lui offre lopportunité de passer à lacte. À 42 ans, elle raccroche les ciseaux et apprend le métier auprès de l'artisan. En trois mois, il lui transmet trente ans dexpérience, avant de lui céder son activité. À force de pratiquer, Anita acquiert une parfaite maîtrise des gestes techniques. «Il faut compter de 45 à 60 minutes pour faire une corde de 20 mètres de long et 3 cm de diamètre», indique-t-elle. Dans cet atelier de 130 mètres, longueur nécessaire pour réaliser 100 mètres de cordage, elle peut parcourir jusquà 15 kilomètres par jour. Ce qui ne l'empêche pas d'élargir sa gamme, en investissant notamment le secteur de la décoration d'intérieur en plein essor. Si les longes pour chevaux et animaux restent ses meilleures ventes, elle fabrique désormais des cordes pour rampes d'escalier, plinthes, ou baguettes d'angle. Elle a racheté les outils d'une ancienne corderie afin de travailler les câbles en acier, un procédé qu'elle devait jusqu'alors sous-traiter. Jamais à court d'idées, elle envisage également de fabriquer des licols en cuir. Résultat : en sept ans, son chiffre d'affaires, de l'ordre de 120000 €, a doublé par rapport à celui de son prédécesseur. Il faut dire qu'en 2018, Anita a reçu le trophée «Elle M l'artisanat» décerné par la Chambre de métiers de Dordogne. Ce prix lui a apporté de la visibilité et plusieurs reportages dans les médias régionaux et nationaux.


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Ma boîte mail s'est remplie de commandes du jour au lendemain», reconnaît-elle. Cette croissance de son activité lui a permis, début 2019, dembaucher à mi-temps une personne en situation de handicap. Son carnet de commandes est plein. Et pour cause, elle arpente les foires du grand Sud-Ouest pour mieux sadapter aux besoins de ses clients et se démarquer de la concurrence industrielle. Aujourdhui, Anita n'a plus vraiment besoin de démarcher de nouveaux clients.

Objectif reconversion

Anita Bocquier a financé sa reconversion avec un apport personnel de 5 000 €, un prêt bancaire de 23 000 € et une avance remboursable de 5 000 €, attribuée dans le cadre du dispositif d’accompagnement à la création ou la reprise d’entreprise de la Région (Nacre).

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