« Derrière l’église, la maison aux volets bleus avec une fleur peinte sur la porte du garage. » C’est en suivant ces indications que l’on découvre la petite entreprise de production d’huiles essentielles et eaux florales Floraluna. Dans le village de Los Masos que domine le pic du Canigó du haut de ses 2 784 mètres, Samuel Moussali produit des huiles essentielles de thym, lavande, romarin, pin sylvestre.
Âgé de 38 ans, Samuel était il y a quelques années encore ingénieur réseau chez Peugeot. Mais un sentiment de « ras-le-bol », une sensation d’insatisfaction, d’étouffement, le poussent vers d’autres horizons. Pendant deux ans, il devient alors coopérant dans une entreprise d’agroforesterie au Togo. Là-bas, il découvre « le pouvoir des huiles essentielles », notamment en essayant la pharmacopée locale pour la prévention contre le paludisme. De retour en France, il décide de se consacrer à la distillation des plantes et de s’installer à Los Masos. Un diplôme universitaire de Phyto-Aromathérapie en poche, il produit ses premières huiles essentielles bio en 2011. 

En route vers la biodynamie 

Six ans après le lancement de son entreprise, Samuel espère désormais obtenir le label Déméter, certifiant d’une agriculture biodynamique. « Le cahier des charges est plus contraignant », explique-t-il. Ainsi, son eau de distillation provient d’une source du village de Saint-Michel-de-Cuixa, et ses essences poussent uniquement sur des terres biologiques ou bien sont prélevées sur des parcelles de forêt. Aujourd’hui, sur un hectare, il cultive son thym, son romarin, ou sa lavande. Il a aussi développé un système de coopérative avec des agriculteurs qui lui louent de petites parcelles en jachère, ou qui produisent pour lui des essences qu’il achète ensuite en respectant le principe du marché équitable.
Ses produits sont en moyenne disponibles à 7 € le flacon de 10 ml. Certains, issus de plantes beaucoup plus difficiles à distiller et à plus faibles rendements, peuvent atteindre 20 € les 5 ml, comme la camomille, sa favorite pour « sa senteur inégalée lors de la distillation », ou le pin sylvestre car sa « cueillette sauvage » se fait à plus de 1 000 m d’altitude pour éviter au maximum les traces de pesticides. « C’est plus une randonnée sportive qu’une simple cueillette, ça magnifie mon travail », savoure le distillateur qui vend ses huiles et eaux florales en Biocoop. Mais aussi en ligne et sur son site de production que domine la silhouette légendaire du pic du Canigó.

Trouver l'événement: 
66500 Los Masos
Alambic et vase florentin

Samuel a investi 15 000 € afin d’acheter un premier alambic (environ 5 000 €), des flacons et autres petits matériels, et acquérir son hectare de terrain.
L’an dernier, il a réuni quelque 25 000 € dont 13 500 € grâce à une opération de financement participatif et 8 000 € de subventions agricoles pour moderniser son entreprise. Avec cette somme, il a acheté un nouvel alambic pour 12 000 €, ainsi qu’un vase florentin et un générateur de vapeur basse consommation pour 10 000 €.
Floraluna a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 40 000 €, issus principalement de la vente de ses produits mais aussi de quelques interventions dans des écoles et des formations en phyto-aromathérapie. En 2017, l’entreprise devrait assurer sa viabilité en atteignant les 50 000 € de chiffre d’affaires.

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