Nino ne vient pas du monde agricole. Ses parents étaient des néo-ruraux, installés en Aveyron dans les années 70. Après deux ans de fac en physique appliquée à Toulouse, il revient à Saint-Affrique où il travaille pour une radio locale. Régulièrement, avec son colocataire Guilhem, ils donnent un coup de main au père de ce dernier, Alain, éleveur de brebis sur les coteaux de Saint-Izaire.

 

C’est alors que l’idée de se former en agriculture fait son chemin. En 2008, les deux compères entament un BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole) au CFPPA de La Cazotte, à Saint- Affrique. Leur stage, ils le font dans la ferme d’Alain, au pays du Roquefort, au milieu de ses quelque 250 brebis. Nino se sent à sa place au contact des animaux. En revanche, Guilhem décroche et s’oriente vers l’apiculture.

 

 

 

Dans sa ferme de Salèlles, Alain élève ses brebis en agriculture biologique, mais, faute de débouchés, il doit vendre en conventionnel. Personnage engagé, il conforte Nino dans sa volonté de devenir agriculteur. Alain a encore 6 ou 7 ans avant la retraite. La perspective d’une transmission progressive lui convient tout à fait. Quant à Nino, il bénéficie ainsi d’une structure en activité correspondant à ses convictions et surtout de l’expérience du maître des lieux… Et puis, s’installer seul ne l’intéresse pas. Pour lui, élevage rime avec partage des tâches, émulation collective et temps pour soi. Pendant cette période de transition, il pourra donc chercher des associés…

 

 

En 2010, il intègre un dispositif clé dans son installation : le CEFI (Contrat Emploi Formation Installation), programme mis en place par la région Midi-Pyrénées. Son rôle est d’accompagner pendant un an les créateurs ou repreneurs de structures agricoles dans leurs parcours d’installation. Le CEFI assure notamment la prise en charge d’un salaire de base. Il réalise un prévisionnel sur cinq ans dans l’optique de dégager un salaire et propose un suivi pédagogique trimestriel.

Pour Nino, l’AVEM (Association des vétérinaires et éleveurs millavois) a aussi joué un rôle essentiel. Le maître mot de l’association : « mutualisation ». Chaque adhérent paie une somme forfaitaire annuelle qui permet de salarier trois vétérinaires mais aussi un agronome, une secrétaire et un comptable qui assurent un appui technique ou dispensent des formations collectives. Fort de ces soutiens, Nino peut se lancer dans l’aventure de l’élevage.  

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