À minuit, les lampadaires s’éteignent et quelques minutes plus tard, la voie lactée apparaît, zébrant très nettement le ciel du Quercy. Dans le petit village de Couzou, il n’y a plus que la lune et les étoiles pour illuminer les ruelles endormies. Et apparemment personne n’y trouve rien à redire. « C’est le triangle noir du Quercy », avance Michel Bonavitacola, ingénieur aéronautique et militant de l’environnement nocturne depuis plus de dix ans. « Du sud de Rocamadour à Cabreret, nous avons une zone de très faible pollution lumineuse. À Couzou, lorsque s’arrête l’éclairage, la qualité du ciel est remarquable. »

Plusieurs centaines de kilomètres par-delà le Massif central, dans le Parc naturel régional du Gâtinais (PNR) français l’ambiance nocturne est bien différente. Situé en lisière de l’agglomération parisienne, le territoire subit une importante pollution lumineuse dont commencent à se préoccuper les élus et l’équipe du PNR. « La nuit, nous sommes sous une cloche de lumière orange », regrette Pierre Brunet, astronome membre de l’Association nationale pour la protection du ciel étoilé et de l’environnement nocturne (ANPCEN).

 

La lumière réduit la biodiversité
 

Situées dans des contextes très différents, les deux régions se retrouvent pourtant sur leur volonté de réduire la pollution lumineuse. Dans le Lot comme dans l’Essonne, les élus prennent conscience des conséquences d’un éclairage public abusif sur l’environnement. Pour preuve, au sein du PNR des Causses du Quercy, 29 communes pratiquent des extinctions strictes et 7 autres coupent partiellement (sur 97), tandis que dans le Gâtinais français, ce sont 16 communes sur 64 qui éteignent. « Quand on explique que la lumière est la deuxième cause de mortalité des insectes après les pesticides, qu’elle a un impact sur les oiseaux, les végétaux ou le sommeil des humains, les maires sont réceptifs », témoigne Pierre Brunet. Et puis il y a également l’argument financier qui emporte l’adhésion, la perspective de réaliser des économies en coupant la lumière une partie de la nuit ou en modernisant son éclairage. « Il faut mettre sur la table à la fois l’intérêt économique et l’impératif environnemental. Certains seront sensibles à la mortalité des insectes, d’autres au gain financier », estime pour sa part Jean-Jacques Boussaingault, président du PNR du Gâtinais français.
 

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