Les paysages se transforment autour de nous à vitesse grand V, à la fois sous l’effet du changement climatique, des constructions parfois irraisonnées, de 
l’artificialisation des terres, de l’intensification des productions arasant les haies, talus, terrasses, murets en pierres sèches, comblant les mares. Les chants des oiseaux s’estompent, les hérissons ou les écureuils disparaissent…
Les espèces sauvages ont connu un répit pendant le confinement. On entendait à nouveau la mélodie de la grive musicienne et le loup est, paraît-il, venu jusqu’en Normandie, franchissant les rues de villes désertées. Néanmoins le pari d’une société qui priorise l’Homme dans son milieu et non le profit est loin d’être gagné. 
Discrètement, pendant que notre peur était ailleurs, l’épandage des pesticides s’est à nouveau rapproché des maisons et la volonté des marchés de rattraper la chute du produit intérieur brut risque d’anéantir des petits pas qui étaient à peine amorcés en faveur de l’environnement. 
Alors que ce soit la terre où l’on est né, ou celle que l’on a choisie pour vivre, trouver paix et beauté, quand le lieu se détricote pour les intérêts particuliers d’une minorité et les profits de quelques-uns, émerge chez chacun une sorte de détresse, de colère, d’amertume, de désillusion voire de désespoir.
Quand l’homme détruit ce qui l’entoure, la nature, les espèces, les paysages, le patrimoine, c’est un peu de lui-même qu’il détruit. Alors peut-être faut-il urgemment montrer aux plus jeunes, quand ils seront sortis de cet enfermement qu’ils n’ont pas choisi, qu’il existe un « dehors » qui est en danger, loin des écrans et bien plus passionnant. 
Sans doute désormais faut-il veiller à mettre notre énergie individuelle et collective à restaurer « notre maison », c’est-à-dire à mettre tout en œuvre pour respecter et sauvegarder les écosystèmes. Il est temps que reviennent une beauté, une harmonie, que nous nous sentions enfin partie prenante, en symbiose avec le reste du vivant, sans arrogance ni cupidité pour que nous comblent encore longtemps de joie ces chemins où l’on voit fleurir les lupins et courir les lapins !

Saint-Paul, le 2 mai 2020

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