C'est la fleur des moissons. De mai à septembre, les coquelicots égayent de leurs tâches rouges les champs de céréales et les talus qui les bordent. Très commune, on la trouve dans tout le pays. Pour la consommer, cueillez-la sur des parcelles cultivées en bio, d'anciennes cultures sans pesticides ou des chemins éloignés de toute pollution.. 

Le reconnaître

Crédit : L. Vilboux

Au début du printemps, le coquelicot se présente sous forme d'une rosette de feuilles velues, plaquées au sol, à partir de laquelle la tige va se développer. Cette dernière, fine et poilue, atteint 30 à 60 cm de haut. Lorsqu'on la coupe, elle laisse échapper un latex blanc. Les quatre pétales rouge vif au sommet sont tâchés de noir à la base. D'abord un peu chiffonnés, ils s'épanouissent au soleil. Au centre de la fleur, le pistil est très visible. Après fécondation, il produit un fruit sous forme d'une capsule ovoïde. À maturité, ballotée par les vents, celle-ci dissémine ses innombrables graines comme une salière. On peut en récupérer pour les semer au jardin. 
Il existe une dizaine de variétés de coquelicots, toutes comestibles. La plus répandue est le Papaver rhoeas.

Récolter la fleur

La floraison étant extrêmement brève, on peut partir en cueillette deux fois le même jour sur le même emplacement. Pincez les quatre pétales entre vos doigts sans les écraser et mettez-les à plat dans un panier. Au retour, étalez-les rapidement en couches minces sur des claies de bois pour les conserver et les utiliser en tisane. Ils sécheront en quelques jours. Si vous souhaitez les cuisiner, faites-le immédiatement après la cueillette. Ne les lavez pas. Secouez-les avec précaution pour éliminer d'éventuelles bestioles.

Propriétés médicinales

Adoucissant et pectoral, le coquelicot contient du mucilage, utile contre les bronchites et les toux sèches. Comme tous les pavots, il est également sédatif. Il soulage nervosité et insomnies. Inoffensif à dose médicinale, il aide les enfants à s'endormir. En très grande quantité en revanche, il peut se révéler hypnotique. On le consomme soit en tisane à raison d'une dizaine de pétales par tasse d'eau bouillante, soit en sirop. 

Sirop de coquelicot

Faites bouillir 1 litre d'eau dans une grande casserole. Ajoutez 400 g de pétales en remuant. Ils semblent fondre au contact de l'eau chaude. Laissez les infuser hors du feu au moins une heure (ou toute une nuit). Puis égouttez en pressant les pétales pour recueillir un maximum de liquide. Attention, ça tâche ! Pesez ce jus, mettez-le à bouillir et ajoutez le même poids de sucre jusqu'à l'obtention d'un sirop. Versez-le dans une bouteille épaisse et bouchez aussitôt pour une stérilisation à chaud.

Cuisine haute en couleurs !

Son parfum subtil se prête à de nombreuses recettes : gelée, confit, crème brûlée…  Virginie Quéant, auteur du livre Cheesecakes du jardin n'hésite pas à l'intégrer dans un gâteau très coloré. « Je m'inspire du cheesecake japonais, très léger, sans base biscuitée, auquel j'ajoute des pétales de coquelicots, témoigne-t-elle. Je réalise aussi la même recette avec des fleurs d'acacia. »

Le « coquelicake » de Virginie

Ingrédients : 80 pétales de coquelicots ; 1 c. à soupe de sucre en poudre ; 5 œufs ; 1 pincée de sel ; 250 g de mascarpone ; 200 g de chocolat blanc. 

Préchauffez le four à 150 °C. Tapissez le fond d'un moule avec une feuille de papier sulfurisé. Écrasez au mortier les pétales avec le sucre pour former une petite boule de pâte. Séparez les blancs des jaunes d’œufs. Dans un saladier, montez les blancs en neige avec la pincée de sel. Dans un autre, battez les jaunes avec le mascarpone. Faites fondre le chocolat blanc coupé en morceaux au bain-marie et incorporez-le au mélange jaunes-mascarpone. Travaillez au fouet pour obtenir une préparation lisse. 
Ajoutez les pétales écrasés et incorporez délicatement les blancs avec une cuillère en bois. Versez le tout dans le moule tapissé et enfournez. Placez un caquelon rempli d’eau à l’intérieur du four pour libérer de l’humidité. Cuire 35 min. 
Une fois refroidi, placez le cheesecake au réfrigérateur quelques heures.

A lire

Cheesecakes du jardin, Virginie Quéant, Ed. Terre Vivante, 2018, 106 p., 14 €

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