Sur une parcelle bocagère, émergent de longues buttes cultivées au milieu d’une dizaine de mares. Entre les rangs de tomates et de concombres, on surprend une couleuvre à collier. « La faune sauvage s’invite au jardin. Les grenouilles mangent les limaces, les mésanges se régalent de chenilles… Pas besoin d’insecticide », lance Rémi Rufer en parcourant son terrain. Ancien salarié d’une association de protection de la nature, Rémi est devenu agriculteur par hasard. En 2012, avec sa compagne Laurence, il achète une ancienne ferme à Treffort-Cuisat (Ain). « C’était pour y habiter. Je n’avais pas de projet agricole. L’idée a muri en démarrant un potager. Je me suis pris au jeu et j’ai fini par changer de métier deux ans plus tard. » Aujourd’hui, il cultive des légumes bio sur 1 700 m², dont 300 m² sous serre, et se définit comme jardinier maraîcher. Il travaille sans labourer, en passant juste la grelinette pour aérer la terre avant de semer. « Le sol, très argileux, stocke l’eau et les nutriments. Je n’arrose quasiment jamais. » Sur cette surface réduite, Rémi a monté en moins de cinq ans une micro ferme rentable. Aux légumes cultivés s’ajoute un petit élevage de volailles rustiques vendues sur pied. « Autrefois, toutes les fermes mêlaient élevage et polyculture. On y revient, ça permet d’étaler les risques. » Il vend sa production au marché, à la ferme et à des restaurants. Laurence subvenant aux besoins de la famille avec son travail d’infirmière, Rémi a pu réinvestir ses gains dans la ferme. En 2019, avec un chiffre d’affaires prévu de 30 000 €, il se dégagera un Smic. 

Apprendre à voir petit

L’expérience de Rémi est un cas de moins en moins isolé. Face à la raréfaction du foncier, les microfermes se développent. 

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