Petite remarque liminaire, ceux qui émettent des réserves sur les dites réformes, et surtout sur leur contenu, sont des conservateurs…

Sans tomber dans la théorie du grand complot, force est de constater, que depuis quelques décennies, la réforme va systématiquement dans le sens du toujours plus grand, plus gros, plus fort.

 

Le pot de fer est à ramener d’urgence au recyclage. Trop de régions, des départements inutiles, les communautés de communes regroupées… Vive les agglomérations, les métropoles, les grandes régions (10 c’est déjà énorme!). Le millefeuille n’a plus sa place !

Habitant le nord de l’Allier, ma région – l’Auvergne – dont une limite commence là s’étendra jusqu’à la frontière suisse et aux Alpes italiennes. En cas de projet à défendre, nous irons donc à Lyon parler d’un coin qui ne sera presque plus représenté électoralement. Pourquoi pas ? Des élus décideront à Lyon de ne plus maintenir un collège de quelques dizaines d’adolescents nichés à 300 kilomètres de là, ou encore de verser une subvention pour goudronner une petite ex-départementale… mais par contre, ils auront plus d’argent pour financer la fibre optique ou les laboratoires de la connaissance (laquelle ?).

La géographie de la France a mis deux millénaires à se construire, à respecter des identités, des pays, des cultures, des microclimats, des traditions, des gastronomies… La France redistribue la richesse à ses territoires, tient compte des spécificités. C’était le sens de la première décentralisation. Dans la réalité, c’est ce modèle ancien qui gêne. Il faut de vraies zones de chalandise, et mieux maintenir les gens dans le moule d’une pensée mondialisée et d’une culture de masse.

L’ironie de la chose, c’est qu’aucune économie budgétaire n’est en vue, que les missions sociales, environnementales, économiques sont essentielles et qu’il faudra trouver une solution pour les maintenir. Plus que jamais, il est temps de regagner les campagnes, d’y construire une alternative, de proclamer que l’identité (certes ouverte sur le monde), que la solidarité (des territoires et des gens) et que la proximité (aux vertus réparatrices) sont les seuls axes d’une réforme territoriale à l’heure d’une mondialisation sur le point d’imploser. Donc, tout le contraire de ce que des élus du peuple nous proposent…  

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