Chère lectrice (cher lecteur)
A tout seigneur tout honneur : nous débuterons cet abécédaire par le A. A comme « Annonces (petites) ». Prêtons une oreille sur quelques saynettes garanties sang pour sang billot. 

Coté territoires, d’abord, avec d’alléchantes annonces : 

« Territoire presque pas rural bien que peu dense, très dynamique avec bientôt le très haut débit dès 2045, cherche porteur de projet muni d’un fort apport capitalistique et d’une famille nombreuse avec des enfants en âge d’être scolarisés en primaire mais sans avoir besoin d’être gardés ou occupés hors temps scolaire obligatoire. Bénévolat en yoga et en sophrologie serait un plus. »

Ou bien : « Territoire urbain en haut de la Seine mais sympa, cherche famille aisée, tranquille, avec trois enfants polis dont les parents travaillent déjà mais désireux de devenir encore plus riches grâce à notre environnement certes un peu pollué mais nanti d’avantages comparatifs incomparables. Pour l’installation, prière de laisser une enveloppe conséquente derrière l’hypermarché à l’attention de…».   

Mais poursuivons l’investigation du coté de l’humain qui, bien souvent, fait la différence… Tiens, ça sonne…

- Bonjour, voilà j’ai un projet d’installation agricole.
- Bienvenu ! Vous tombez bien. Nous avons une exploitation à reprendre. Enfin si les voisins  agriculteurs ne s’entendent pas sur le prix à donner pour leur agrandissement !
- Ah ? Bon. Moi je veux m’installer en maraîchage, j’ai besoin de peu de terre.
- Ah ? Je vois. Est-ce que vous avez des dreadlocks et de la moquette chez vous ?
- Euh oui pourquoi ?
- Bip bip bip… 

Ou Encore :
- Bonjour. J’ai un projet de commerce avec ma compagne et une bande de potes.
- Bienvenu ! Vous tombez  bien. Notre dernier commerce a fermé en 1936 et nous souhaitons le rouvrir pour combattre notre hyper ruralité. Quel type de commerce souhaiteriez-vous développer ?
- Et bien… nous pensons à un magasin général avec vente de billets TGV par exemple.
- Bip bip bip… 

- Allo ? Allo ?

Oh ? Il est déjà si tard ? Désolé Monsieur. Il faut que je rentre chez moi.

A dans trois mois !