Le nez en l'air par une douce nuit d'été, qui n'a jamais rêvé sous la voûte étoilée ? Le ciel nocturne est l'un des plus beaux spectacles de la nature. Les émotions ressenties sont encore plus fortes si l'on sait ce qu'on regarde. « Pour débuter en astronomie, pas besoin d'instrument. À l’œil nu, on peut déjà se faire très plaisir », explique Jacques Sanchez, président de l'association Pléiades, à Latrape (Haute-Garonne) qui organise des soirées d'initiation. « Premier conseil, orientez-vous vers le Nord et repérez la Grande Ourse, la constellation qu'a priori tout le monde connaît. Ses sept étoiles très brillantes forment une sorte de casserole. Elle est présente dans le ciel nocturne à toute heure et toute l'année. Prolongez de cinq fois le bord droit de la casserole et vous tomberez sur l'Étoile polaire qui indique le Nord. Elle fait partie des sept étoiles de la petite ourse. Si vous parvenez à faire cet exercice simple, vous avez les clés du ciel… » L'étoile polaire, pratiquement fixe, est en effet considérée comme le pivot du ciel autour de laquelle toutes les autres étoiles visibles semblent tourner. Pour mieux les reconnaître, les Grecs anciens ont imaginé des constellations en les reliant entre elles par des lignes imaginaires et en leur donnant des noms d'animaux ou de personnages mythologiques : Dragon, Lion, Cassiopée, Andromède…

© Guillaume Cannat

La piste aux étoiles

Rappel de base : une étoile est un soleil, autour duquel tournent souvent des planètes. Autour des planètes gravitent des satellites, les lunes. Dans notre système solaire, on compte huit planètes (Pluton a été rétrogradée) et 175 satellites naturels. La moindre petite étoile peut donc abriter un système solaire entier ! Cela donne une idée de l'immensité du ciel, sachant qu'on n'en voit qu'une infime partie. À ce jour, les plus puissants télescopes n'ont toujours pas atteint l'horizon de l'univers dont les frontières reculent à mesure que la puissance des instruments augmente… Sur les 200 milliards d'étoiles qui peuplent notre galaxie, 2 000 à 3 000 peuvent s'observer à l'œil nu, malgré leur distance. La Polaire par exemple est située à 400 années-lumière de nous. L'année-lumière est l'unité de longueur astronomique. Elle correspond à la distance parcourue par la lumière en un an, soit 9 461 milliards de kilomètres. Ainsi, la lumière émise par la Polaire nous arrive 400 ans après ! Regarder le ciel, c'est regarder dans le passé. Pour rêver, on peut imaginer que la lumière de certaines étoiles nous parvient alors qu'elles ont peut-être déjà disparu… Mais reprenons les observations : « Maintenant que vous avez repéré la Grande et la Petite Ourse, vous distinguez sans peine le Dragon qui chemine entre les deux, poursuit Jacques Sanchez. Puis, en partant du milieu de la Grande Ourse, tracez une ligne qui passe par la Polaire. Prolongez-la d'une longueur équivalente. Vous arrivez à un W formé par cinq étoiles. C'est Cassiopée ! Céphée est également dans le coin. Maintenant, tournez-vous vers le Sud et repérez le grand triangle formé par Véga (dans la constellation de la Lyre), Deneb (dans celle du Cygne) et Altaïr (dans l'Aigle), trois étoiles très brillantes. »

Les planètes et la lune

Saviez-vous que cet été, vous pouvez admirer Vénus, Jupiter et Saturne à l'œil nu ? Pour ne pas les confondre avec des étoiles, sachez qu'elles ne scintillent pas. Aidez-vous d'une carte du ciel, téléchargée sur n'importe quel site d'astronomie, pour les localiser en fonction du jour et de l'heure. Vénus - appelée abusivement étoile du Berger - est la plus brillante de toutes. Elle sera particulièrement visible cet été le matin à l'Est avant le lever du soleil. Jupiter au Sud-Ouest est également très brillante. Avec une bonne paire de jumelles stabilisées, on peut voir quatre de ses satellites sous forme de points blancs autour. Enfin Saturne se trouve cet été dans la constellation du Sagittaire, sur l'horizon Sud, en bas de la Voie lactée. Les planètes se déplacent dans le ciel au fil des jours et des saisons. Amusez-vous à suivre leur course tout au long de l'été. Quant à la Lune, privilégiez une nuit où elle n'est pas pleine pour l'observer, car l'éclairage de face gomme les reliefs. Aux jumelles, on voit distinctement les mers et les cratères. C'est aussi l'astre le plus facile à photographier, car le plus proche.

Galaxies, amas et nébuleuses

Les galaxies sont d'immenses groupes d'étoiles, comme des îles au milieu d'un océan de vide. Nous faisons partie de l'une d'elles, la Voie lactée. Les autres galaxies sont à des millions d'années-lumière de la Terre. En été par une nuit sans lune, la Voie lactée forme une grande traînée blanche qui traverse le ciel, avec des zones plus ou moins brillantes. Cette traîne que nous observons n'est en fait qu'une portion de notre galaxie vue par la tranche, qui a donné son nom à la totalité. On peut également apercevoir la galaxie d'Andromède, le plus lointain objet visible à l'œil nu, situé à 2,5 millions d'années-lumière ! Elle apparaît le soir au Nord-Est comme une petite tache floue dans un ciel sans lune. Elle est pourtant trois ou quatre fois plus importante que notre Voie lactée ! Andromède et la Voie lactée se rapprochent l'une de l'autre à 430 000 km/h. Mais même à cette vitesse, elles ne se rencontreront que dans 4 milliards d'années…
Signalons enfin les amas, qui sont des concentrations d'étoiles. On pourra voir à l'œil nu l'amas des Pléiades un peu avant l'aube cet été. Quant aux nébuleuses, ce sont de grands nuages de gaz. Orion est la plus visible. Mais en hiver.

 

Un ciel en mouvement

Si l'on peut voir les astres se déplacer dans le ciel au fil des heures, c'est parce que la Terre tourne sur elle-même. La plupart apparaissent donc à un moment donné au-dessus de l'horizon (ils se lèvent), parcourent une certaine portion du ciel, puis disparaissent derrière l'horizon (ils se couchent). L'aspect du ciel change également au fil des mois, en raison de la course de la Terre autour du Soleil. Les astres ont également leur propre mouvement, perceptible pour ceux qui sont proches de la Terre (la Lune, les planètes). Les étoiles, elles, sont tellement éloignées de nous qu'elles sont considérées comme des repères fixes. C'est pourquoi elles forment des figures en apparence immuables, les constellations.

 

Clic clac

Voilà une photo spectaculaire, facile à faire. Posez un appareil numérique sur un trépied, face à l'étoile polaire. Optez pour un objectif grand angle. Réglez la netteté sur l'infini et montez la sensibilité à 800 iso minimum. Programmez un temps de pause manuel de 5 minutes. Déclenchez. Vous obtiendrez un filet d'étoiles qui donne l'impression que celles-ci tournent, alors qu'il s'agit en fait du mouvement de la Terre.

 

Choisir son site d'observation

Le lieu doit être le plus éloigné possible de toute source de pollution lumineuse. En ville, c'est un peu complexe. On ne distingue au mieux qu'une centaine d'étoiles. Privilégiez la campagne ou la montagne, vous en verrez vingt fois plus. Un site en hauteur et sans arbres offre un panorama à 360 degrés. Optez pour une nuit sans lune, ou avec un faible croissant. Privilégiez un sol en herbe, la turbulence due à l'air chaud des sols cimentés ou goudronnés fait trembler la lumière des étoiles. Pensez à apporter des vêtements chauds car on reste généralement immobile, une couverture de survie qui protège de l'humidité nocturne du sol, ou mieux, une chaise longue.

 

Les outils indispensables

Procurez-vous une carte du ciel (5 € à 15 € selon les modèles) avec un disque mobile qu'on fait tourner en le réglant selon la date et l'heure. Cela permet de reconnaître ce que l'on voit dans le ciel. Et surtout ce que l'on cherche ! Pour lire cette carte, munissez-vous d'une lampe rouge (ou d'une lampe de poche recouverte d'un tissu rouge) qui n'altère pas l'accoutumance de notre œil à l'obscurité. Une montre, un carnet de notes et un calendrier annuel des observations sont précieux. Une paire de jumelles (7x50 mm) rapproche les astres mais surtout amplifie la lumière et permet de voir plus d'étoiles et de détails. Avant d'acheter un télescope, passez quelques soirées dans un club d'astronomie où vous testerez plusieurs modèles. On vous conseillera en fonction de votre budget et de vos aptitudes techniques.

 

La Nuit des étoiles

C'est l'événement astronomique de l'été. Il se tiendra dans toute la France du 28 au 30 juillet 2017. À cette période, on pourra observer un grand nombre d'étoiles filantes, qui sont en fait des météores, des particules de poussière qui pénètrent à grande vitesse dans l'atmosphère. À leur contact, l'air se réchauffe tellement qu'il s'embrase, produisant une traînée lumineuse. Pendant ces trois nuits, les clubs d'astronomie proposent des observations du ciel gratuites. « Avec un petit télescope, on peut voir les anneaux de Saturne et l'un de ses satellites, Titan. On peut aussi distinguer la couleur des étoiles. Véga tire sur le bleu, Deneb est blanche, Arcturus, plus froide, est rouge. Cette simple observation permet de déterminer leur température, c'est magique », affirme Jacques Sanchez. Son association Les Pléiades est installée au Balcon des étoiles à Latrape, à 40 km de Toulouse. Elle organise chaque été des stages adultes et enfants où l'on peut devenir autonome dans la lecture du ciel en une journée ou un week-end. Comme au ski, venez y passer votre première étoile !

Trouvez le site d'observation le plus proche : www.afastronomie.fr

 

Une nuit dans un observatoire

Pour passer une nuit hors du temps, offrez-vous 24 heures à l'observatoire du Pic du Midi (La Mongie, Hautes-Pyrénées). Au programme, visite du planétarium, du coronographe (qui permet de voir les protubérances du soleil), du grand télescope, dîner et logement sur place, coucher de soleil sur la mer de nuages et surtout observation des étoiles toute la nuit si le cœur vous en dit, en compagnie des astronomes du centre. L'observatoire est situé dans la seule réserve internationale de ciel étoilé française. Comptez de 299 € à 339 € / pers. selon la saison pour cette nuit qui se veut inoubliable. Pour les moins fortunés, il existe des soirées étoilées de 17h à 23h, à 99 €.

 

Site : http://picdumidi.com

Retrouvez cet article dans le numéro été 2017 de Village
Quelques distances depuis la Terre

- 384 000 km : La Lune, notre satellite.

- 40 millions de km : Vénus, la plus proche planète.

- 150 millions de km : le Soleil, l'étoile la plus proche.

- 4,5 milliards de km : Neptune, la planète de notre système solaire la plus lointaine.

- 4,2 années-lumière : Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche du système solaire.

- De 100 à 1 000 années lumière : la plupart des étoiles visibles.

- 2,5 millions d'années-lumière : la galaxie d'Andromède

- 100 millions d'années lumière : le Superamas de la Vierge qui regroupe 10 000 galaxies.

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