J’ai emmené un membre de ma famille, paysan à la retraite, voir le film L’éveil de permaculture. Sa réaction à la sortie, incrédule : « Mais tout cela c’est ce qu’on faisait avant », sous-entendu « avant qu’on vende comme indispensables pour nourrir l’humanité les engrais et les traitements en tout genre ».

Aujourd’hui, des informaticiens, des médecins, des jeunes, des moins jeunes, passent une quinzaine de jours à se former à la permaculture. Les stages font le plein face au ras-le-bol d’une vie trépidante, à la nécessité de retrouver un autre rythme, une vie collective, une liberté, de savoir à nouveau comment poussent les plantes, de remettre la main dans la terre. à nouveau ils mêlent légumes, arbres et fleurs. Ils laissent décomposer le bois et les feuilles pour faire de l’humus, ils positionnent le poulailler à proximité de la maison et du potager… et redécouvrent ainsi le fonctionnement d’un écosystème, le lien entre les hommes, les animaux et les plantes, les interactions fécondes. 

Je me souviens alors, moi aussi, de cet immense jardin familial qui ressemblait à ceux du film, où les lupins côtoyaient la rhubarbe. Me reviennent en mémoire des travaux aussi collectifs que dans les systèmes permacoles d’aujourd’hui. Je revois les rires et les danses lorsque s’achevait la saison des foins. 

Alors est-ce que ceux qui apparaissent aujourd’hui dans ce film sont les pionniers d’une nouvelle ère ? Ou bien la permaculture n’est-elle qu’une faible réplique du bon sens paysan encore tapi dans notre inconscient collectif, une dernière audace face à la puissance des firmes internationales ?

L’avenir le dira. C’est la capacité des hommes, collectivement, à oser, à y croire ou à renoncer qui en décidera. Serons-nous capables de rester éveillés ? Le concept de permaculture permet de revisiter le passé et d’y adjoindre de nouvelles connaissances scientifiques avec le concours de grands organismes de recherche comme l’Inra. Il évite de s’enfermer dans le « c’était mieux avant ». Il réconcilie les pratiques ancestrales avec les connaissances d’aujourd’hui. Avec la permaculture, peut-être prendrons-nous conscience de faire partie intégrante d’un écosystème au lieu de nous penser comme des êtres dominateurs et destructeurs. 

L’éveil de la permaculture . Documentaire d’Adrien Bellay. 1h22
Maraîchage biologique permaculturel et performance économique. Inra, 30 novembre 2015 

 

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