Le cheval en France et en chiffres

En 2012, la France compte un million d’équidés et 700 000 licenciés (+28 % en cinq ans). La filière équine représente 180 000 emplois directs et indirects, 53 000 entreprises (dont 38 200 élevages et 8 663 établissements équestres) et 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires (93 % sont issus des activités de courses). Entre 2007 et 2012, tandis que le nombre d’élevages a diminué, les établissements équestres sont en croissance de 26 %. Cela étant, depuis le 1er janvier, la hausse de la TVA fragilise certains centres équestres. « Ce n’est pas simple non plus pour les producteurs de chevaux. La consommation de viande baisse. La concurrence est rude, internationale mais aussi locale », explique Céline Vial, chercheur à l’Inra, qui travaille actuellement pour l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE).

Sources : REFErences, Réseau économique de la filière équine. Annuaire Ecu 2013.

Site : www.haras-nationaux.fr

Ce sont de véritables olympiades de l’équitation, un rendez-vous qui revient tous les quatre ans et qu’attendent les amateurs de cheval. Cet été, après Lexington aux États- Unis, c’est en Basse-Normandie que se dérouleront, du 23 août au 7 septembre, les « Jeux équestres mondiaux FEI Alltech™2014 en Normandie ».

De l’hippodrome de Caen au centre de promotion de l’élevage de Saint-Lô, en passant par le Haras du Pin, Deauville ou la Baie du Mont-Saint-Michel, la région accueillera quelque 1 000 compétiteurs qui s’affronteront dans dix disciplines : saut d’obstacle, dressage, endurance, voltige, attelage…

Pour le territoire, l’occasion est belle de montrer que la Normandie est une terre de cheval. « Les élus souhaitaient soutenir et mobiliser les professionnels de la filière équine, populariser les pratiques équestres, montrer toutes les potentialités qu’offre le cheval dans une ruralité moderne et donner une image de la Normandie innovante et ouverte sur le monde », avance Luc Avril, coordonnateur au nom de la Région Basse-Normandie.

Terre d’élevage et d’innovations

Avec 12 612 emplois directs pour 5 588 entreprises*, un milliard de chiffre d’affaires, la Basse-Normandie possède la plus importante filière équine française. À cela s’ajoute une première place dans l’élevage – 20 % des naissances nationales –, mais aussi dans le domaine de l’équitation et dans la recherche équine grâce à ses cinq centres de recherche et son pôle de compétitivité, premier cluster équin au monde.

D’abord terre d’élevage puisqu’elle est le principal berceau du selle français, mais aussi du cob normand et du percheron, la région a développé l’utilisation du cheval dans le domaine des loisirs, pour le travail, ou comme auxiliaire thérapeute. De nouvelles activités émergent en lien avec la santé, le bien-être et la performance du cheval ou le développement durable avec par exemple la valorisation énergétique du fumier.

Éleveurs, personnels de centres équestres, entraîneurs, cavaliers professionnels, marchands, mais aussi maréchaux-ferrants, vétérinaires, fournisseurs d’aliments, d’équipements et de services… vivent du cheval qui façonne aussi les paysages de la région. Alors, pour optimiser les retombées des Jeux équestres, la Région Basse-Normandie et les collectivités ont bâti un projet territorial, L’Élan des Jeux. «15 mois de mobilisation, 15 jours de fête et 15 ans d’héritage » en est la devise. Elle illustre la volonté de faire fructifier l’impact de l’événement. Plus de 300 projets, à but non lucratif, dans les domaines du sport, de la culture, du social, de l’éducation, du tourisme ont été labellisés via un appel à initiatives régional.

Les 18 cafés de Pays du Perche et les centres de loisirs fêteront ainsi le cheval par le biais d’expositions, d’initiations à l’équitation ou de soirées sur le thème du percheron. Le comité d’organisation a par ailleurs imposé des repas à base de produits locaux de saison qui seront mis à l’honneur sur le village des jeux avec le concours de la chambre régionale d’agriculture.
Avec 500 000 visiteurs attendus, les retombées économiques sont estimées à plus de 50 millions d’euros (l’investissement public s’élève à 40 millions). Sans compter les répercussions sur le tourisme et le renforcement des liens entre acteurs locaux.

* Sources : Conseil des chevaux bas-normand.

En savoir plus :
www.normandie2014.com
www.elandesjeux.fr

 

 

Tous à cheval

Le cheval est le compagnon des loisirs…

Les centres équestres s’adaptent à la demande en diversifiant leurs activités, tandis que le développement de la randonnée fédère de nombreux partenaires.

 

Il faut prendre plusieurs routes étroites qui serpentent dans les vallons de la Suisse Normande pour atteindre le centre équestre La Cour Antéol, à Saint-Pierre-la-Vieille, dans le Calvados.

Créé en 2009 par Antoine Herpin et son associé, l’établissement s’étend sur quinze hectares. Il accueille aujourd’hui vingt-cinq chevaux et onze poneys de toutes races que monte un public de 5 à 68 ans. Avec l’aide d’un stagiaire, Antoine anime seul ce lieu, tous les jours, de 7 heures à 21 heures.

Pour vivre de son activité, il a misé sur la diversification, des activités de qualité labellisées et une communication régulière auprès de la presse régionale et des réseaux touristiques et équins. Outre les traditionnels cours d’équitation, la Cour Antéol propose ainsi des promenades groupées, l’accueil de publics handicapés et en insertion, une pension pour les chevaux, de l’entraînement au bajutsu (tir à l’arc à cheval), du Trec (technique de randonnée équestre de compétition), de l’hébergement grâce à ses deux chalets et des manifestations régulières.

Plus à l’ouest, à quelques kilomètres de Saint-Lô, Françoise et Patrick Herman ont ouvert un véritable hôtel pour chevaux dans leur ferme familiale. Situé à Condé- sur-Vire, le long d’itinéraires équestres, il héberge les montures de randonneurs ou de compétiteurs et dispose de sept boxes, sept paddocks, une salle de soin et une sellerie.

« Notre souhait était de diversifier notre activité d’élevage bovin et équin, mais aussi de valoriser les bâtiments réhabilités. L’hiver, nous y abritons nos chevaux et l’été, ceux des visiteurs. »

Plus d’un million de pratiquants

Comme les 650 structures équestres recensées en Basse et Haute-Normandie par le Comité régional d’équitation de Normandie (Coren), la Cour Antéol et l’hôtel pour chevaux de Françoise et Patrick répondent à une demande croissante. Celle-ci serait suscitée, selon l’Inra et l’IFCE, par un engouement grandissant des Français pour les sports et loisirs de plein air.

Le nombre de pratiquants est estimé entre 1 et 1,5 million, un chiffre en constante augmentation. « Et il reste encore des besoins à couvrir pour étendre encore l’offre des centres équestres, avance Céline Vial, chercheur pour l’IFCE. Je pense par exemple aux pensions pour chevaux à la retraite ou aux promenades avec des ânes bâtés. »

Si les principales activités des 406 établissements équestres bas-normands restent la pension (pour 94 % d’entre eux) et l’enseignement (91 %), ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers la promenade (49 % d’entre eux) et la randonnée (27 %). En 2013, on comptait ainsi 5 523 licenciés normands « fléchés » tourisme, contre seulement 3 252 en 2002.

Ces activités touristiques génèrent de nouvelles retombées économiques et participent à la démocratisation du cheval.

Au trot, du Haras du Pin à Saint-Lô

Fort de cette tendance, les acteurs du tourisme et de la filière équestre, réunis depuis 2009 autour d’un Schéma régional de développement touristique (sous l’impulsion de la Région Basse-Normandie), sont bien décidés à développer leurs offres en créant et améliorant des itinéraires, des réseaux d’hébergements, ou en accentuant la qualification des professionnels.

Les hébergeurs touristiques qui souhaitent accueillir des cavaliers meneurs peuvent, dans ce cadre, adhérer au cahier des charges du référencement régional « Accueil cheval – La Normandie à cheval ».

Dans cet esprit et après deux années d’étroites collaborations, cinq territoires ont mis leur énergie en commun pour créer la Rando des Haras nationaux, un itinéraire de 190 km qui relie le Haras du Pin à celui de Saint-Lô. Neuf fiches décrivent le parcours et renvoient vers les hébergements, les restaurateurs, les commerces et les sites qui le jalonnent. En partie financé par des fonds européens Leader, ce projet illustre combien le cheval peut être facteur de développement local.

Sites :
Comité régional d’équitation de Normandie :
www.chevalnormandie.com
www.normandie-cote-nature.fr
Relais équestre La Carbonnière :
www.relais-equestre-normandie.fr
La Cour Antéol :
www.cour-anteol.fr
 

 

Consolider les centres équestres

Le comité régional d’équitation de Normandie travaille à la constitution d’un fonds d’aide au développement, inspiré des Plateformes d’Initiatives Locales, au service des centres équestres de toute la Normandie. Ce fonds permettrait de cofinancer des audits et des investissements dans l’objectif de mieux former les responsables des centres équestres et les encourager à adhérer à une démarche de qualité commune. Cette démarche se ferait en lien avec les « Plan de progrès » régionaux impulsés par la Fédération française d’équitation. Si elle s’avérait efficace, elle pourrait d’ailleurs être étendue à d’autres entreprises de la filière équine.

www.chevalnormandie.com

 

« Deux poneys hier, 15 salariés aujourd’hui »

« Lorsque nous nous sommes installés, en 1989, nous n’avions que deux poneys. Nous ne souhaitions pas contracter de gros emprunts. J’étais éducatrice spécialisée et mon époux travaillait déjà avec les chevaux. Nous avons démarré par des promenades et l’accueil d’enfants en difficulté. Nous avons aménagé un gîte d’enfants de six places. Puis nous avons acheté d’autres poneys. Nous avons mis trois ans pour constituer un cheptel, construire une carrière, trouver des terres. En 1995, j’ai pu laisser mon emploi pour m’installer avec mon mari. Nous n’avions jamais eu de subventions, mais cette année-là, la chambre d’Agriculture nous a permis d’obtenir une aide européenne pour construire le manège couvert. Aujourd’hui, notre activité emploie quinze personnes et nous possédons soixante-cinq poneys et chevaux. Mais rien n’est jamais gagné. La fréquentation des classes a baissé et la hausse de la TVA va entraîner des pertes. C’est pour cela que nous explorons toujours de nouvelles pistes d’activités comme le bajutsu (tir à l’arc à cheval). »

Tél. : 02 33 36 88 89.
Site : http://larotourelle.jimdo.com

 

L’animal solidaire et thérapeute

Les vertus du cheval sont nombreuses. Parmi elles, l’insertion et l’épanouissement des personnes fragiles, handicapées ou en difficulté.

 

« Le cheval ne juge pas. À son contact, les personnes handicapées ou en exclusion surmontent leur appréhension, apprennent le respect et reprennent confiance en elle. » « Les enfants vont le chercher au champ. Ils l’équipent, le brossent. Ils en sont responsables et gagnent en autonomie. » Même si la dimension sociale du cheval reste difficilement quantifiable, Nelly Greusard et Antoine Herpin, gérants de centres équestres, sont convaincus du rôle que l’animal peut jouer auprès de personnes handicapées, en difficulté familiale ou sociale.

Du côté de Brécey, Ludovic Eugène partage cette opinion. Avec Normandie Trait, la structure spécialisée dans la traction animale qu’il a fondée, ce cocher a eu l’idée d’utiliser le cheval comme outil de réinsertion pour des individus incarcérés à la maison d’arrêt d’Argentan. « Des cours théoriques seront proposés et des détenus pourraient être autorisés à suivre des formations pratiques au Haras du Pin pour préparer leur avenir et leur permettre d’obtenir une formation qualifiante en tant que cocher ou palefrenier ». Le Normand a aussi un autre projet en tête, en collaboration avec un foyer occupationnel à Vire. « Les animaux apportent beaucoup auprès des personnes handicapées. Le cheval est un médiateur formidable qui contribue à leur épanouissement. Il permet aussi de stimuler les réflexes et d’améliorer l’équilibre. »

La roulotte de l’insertion

Autre initiative sociale, dans le cadre de l’Élan des Jeux, l’association des Amis de Jean Bosco, via un centre de formation installé à Louvigny, près de Caen, a réuni durant quelques mois, en 2013 et 2014, une douzaine de personnes de 16 à 60 ans pour construire une roulotte. Chaque jour, avec l’aide d’un formateur technique, ils se sont forgé une expérience dans la menuiserie et le monde du cheval.

« Tous ont apprécié la cohésion du groupe, l’entraide entre les différentes générations et la découverte du milieu équin. La mairie a suivi le chantier et utilisera la roulotte pour des visites de la ville pendant les Jeux, puis pour différentes festivités », témoigne Annick Burin, directrice adjointe. Cette initiative n’est pas isolée. Soixante-douze établissements du secteur sanitaire ou médico-social et dix-sept quartiers prioritaires normands ont été invités à conduire des actions autour du cheval.

 

 

Quatre scénarios pour le futur

À l’horizon 2030, l’Inra et l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) ont établi quatre scénarios d’avenir pour la filière : le cheval pour tous, le cheval des élites, le cheval citoyen et le cheval compagnon. Cette étude (visible sur le site www6.paris.inra.fr/depe) apporte un éclairage original pour aider les acteurs de la filière à construire leur avenir. Le scénario « cheval citoyen » plaide pour un soutien aux initiatives qui utilisent l’animal dans une activité économique, pour la protection de l’environnement ou le bien-être personnel et collectif par l’action publique territoriale.

 

Au trot vers le futur

De nouvelles perspectives se dessinent autour du cheval : valorisation des fumiers à des fins énergétiques, activités en faveur de la santé et du bien-être des animaux, préservation de l’environnement…

 

Et si le fumier n’était plus un déchet mais une ressource locale ? C’est en se posant cette question que Patrick Jouin a fondé le projet Equiénergie. Après 15 années d’expérience dans l’industrie, l’entrepreneur se penche sur les 1,7 million de tonnes de fumier produites par an en Normandie.

Dans un premier temps, un chercheur met au point un système de transformation des déjections en granulés pour chaufferie avec adjonction de déchets verts. Le procédé est récompensé par Oseo et le brevet aussitôt déposé. Désormais, un démonstrateur va permettre de tester le processus sur Caen et c’est à Lisieux que sera installé le premier pilote.

Dans un deuxième temps, une unité devrait être implantée dans la Manche, puis deux autres dans l’Orne, dont une en partenariat avec une structure d’accueil de personnes en situation de handicap mental. « Lorsqu’on envisage de relier tous les acteurs dans un rayon de 30 km autour des centres de production, Equinergie devient un projet de territoire », explique Patrick Jouin.

En pointe sur la recherche

Qui plus est, cette innovation profitera à de nombreux acteurs : aux collectivités qui réaliseront des économies de chauffage et de traitement des déchets verts, aux haras qui valoriseront leur fumier, aux structures d’insertion qui fourniront les déchets verts collectés par des Cuma et enfin à une multinationale qui interviendra sur le compostage.

Ancré sur le territoire, le projet a été labellisé par le Pôle de compétitivité filière équine dont l’objectif est d’accroître la compétitivité de la filière. Afin d’y parvenir, le pôle met en relation entreprises, organismes de recherche et centres de formation. Il favorise l’émergence de nouveaux projets en les aidant à trouver par exemple des partenaires ou encore en les orientant vers les sources de financement appropriées.

Aux côtés de ce pôle, figurent deux autres structures dédiées à la recherche et à l’innovation : un syndicat mixte, qui a investi dans des infrastructures dédiées à la santé du cheval, et la Fondation Hippolia, qui vise à renforcer et promouvoir les programmes de recherche et de formation liés à la santé, au bien-être et à la performance du cheval. Un environnement favorable pour l’implantation de nouvelles activités.

Sites :
www.equienergie.fr
www.pole-filiere-equine.fr
www.fondation-hippolia.org

 

 

Préserver l’environnement

Le label EquuRES, développé par le Conseil des chevaux de Basse-Normandie, vise à encourager l’adoption de pratiques respectueuses de l’environnement : économies d’eau et d’énergie, maîtrise des fumiers et des déchets, soin apporté au paysage… C’est actuellement la seule marque de qualité environnementale dans la filière équine en Europe. Testé en Normandie, ce label doit être étendu à l’échelle nationale en 2015. Grâce à un accompagnement personnalisé, il incite les entreprises à adopter des pratiques écoresponsables. Dans ce cadre, Fibiores, un outil cartographique en ligne, a été créé pour mettre en relation les producteurs de fumier avec les transformateurs.
www.chevaux-normandie.com
www.fibiores.com

Le meilleur outil de l’homme

Les collectivités sont de plus en plus nombreuses à adopter le cheval. Polyvalent, écologique et pas plus cher qu’un camion, il favorise les liens entre les habitants. Il fait aussi un retour remarqué en agriculture et dans les forêts.

Aujourd’hui en France, plus de 300 collectivités emploient des chevaux de trait pour le ramassage des déchets (31 % d’entre elles en 2011 selon l’IFCE), l’entretien des espaces verts (20 %), le transport des personnes (14 %), ou le débardage (9 %).

En nette progression, cette force de travail baptisée « cheval territorial » se substitue aux engins mécaniques. Et c’est en Basse-Normandie que le premier cheval territorial a pris ses fonctions. C’était en 1993, à Saint-Pierre-sur-Dives. Depuis, l’utilisation des équidés s’est développée dans la région : police montée à Caen, collecte du verre et ramassage du tri à Trouville-sur-Mer, entretien des chemins avec les ânes, ramassage scolaire à Thury- Harcourt…

« Ces nouveaux usages sont porteurs de nombreux emplois : maréchal-ferrant, recherche innovation, vétérinaire… Il y a un vrai changement de paradigme à opérer. Par exemple, les éboueurs en camion sont totalement anonymes la nuit. Avec les chevaux, ils travaillent de jour, ils sont salués, créent du lien social. Nous avons même constaté que les habitants trient mieux leurs déchets… », avance Sandra Barré, chargée de mission à la Société hippique percheronne de France.

En calèche au supermarché

Ancien chauffeur routier, fervent amateur de percherons et de cobs normands, Ludovic Eugène a imaginé une reconversion pour vivre de sa passion et obtenu « un certificat d’utilisateur de chevaux attelés et de cocher meneur au Haras du Pin ». Avec son amie Ludivine Tessont, Ludovic développe son entreprise Normandie Trait depuis deux ans et s’est récemment installé sur la plaine équestre de Brécey, dans la Manche.

« Nous proposons une multitude de prestations auprès des collectivités, des entreprises et des particuliers. Récemment avec une municipalité du Calvados, nous avons mis en place une navette calèche pour permettre aux personnes âgées de se rendre au supermarché. Ailleurs, nos chevaux assurent des chantiers de débardage, des animations dans les écoles, des transports scolaires. Tout est possible. » Partenaire du Haras du Pin, Normandie Trait est aussi une structure de formation et l’unique centre d’examen en France qui délivre le diplôme de cocher professionnel.

Le cheval reverdit la ville

« Les communes qui utilisent le cheval le font soit en régie directe, en achetant l’équipement et en formant le personnel, soit en gestion mixte avec un partenaire qui fournit par exemple les chevaux, ou encore en faisant entièrement appel à un prestataire extérieur », explique Caroline Sun de la Commission nationale des chevaux territoriaux.

« Le cheval territorial répond à un besoin de retrouver un contact avec la nature et de créer du lien social. Ceci tout en restant généralement moins coûteux qu’un camion ou qu’un car, et nette - ment plus polyvalent », poursuit-elle. Caroline Sun es - time par ailleurs que plus de 1 100 chevaux sont utilisés en agriculture pour différents usages comme la viticulture ou le maraîchage.

Reste que pour toutes ces utilisations, se pose la question du matériel et de la formation. « Il faut retrouver les savoir-faire liés au trait tout en les adaptant aux besoins et aux normes actuels. Nous travaillons beau - coup avec l’IFCE, la commission nationale des chevaux territoriaux, les bourreliers, les débardeurs… », reprend Sandra Barré.

Dans ces secteurs, l’association Hippotèse s’est imposée comme un acteur incontournable de la traction équine. Son site Internet fourmille d’informations sur le cheval territorial, le maraîchage, la vigne, le débardage et le matériel le plus efficace pour ces activités. L’association propose en outre une bibliothèque numérique collaborative sur la traction animale. Autre acteur, l’Atelier Paysan (ancienne association Adabio autoconstruction transformée récemment en Scic) développe le concept de Farmlab, un atelier permanent, lieu de ressources ouvert à tous les bricoleurs de l’agrobiologie. Il s’inscrit dans l’univers du matériel libre qui permet à tout un chacun de s’approprier les plans, de les diffuser, de les modifier, à condition d’en mentionner la paternité.

Contacts et sites : Normandie Trait à Brécey. Tél. : 06 65 25 66 23
www.adabio-autoconstruction.org et www.hippotese.fr
 

 

 

35 % de CO 2 de moins
Selon une étude du ministère de l’Agriculture datant de septembre 2012, un cheval représente, pour une commune, un investissement moyen de 3 600 euros. À ceci s’ajoute le véhicule pour 5 300 euros, l’entretien courant (1 500 euros par an), l’alimentation et le box (300 euros par mois). En moyenne, un cheval émet 35 % de CO 2 de moins qu’un camion.

En réseau
« Une solution économique, écologique et sociale pour votre collectivité », tel est le slogan de la Commission nationale des chevaux territoriaux, réseau d’élus et d’agents territoriaux, qui vise à développer les services hippomobiles dans les communes. Depuis 2003, elle organise tous les ans un congrès, lieu d’échanges et de retours d’expériences sur le cheval en ville.
http://chevauxterritoriaux.wordpress.com

À lire
Le Cheval au service de la ville

Ce livre retrace l’histoire récente du cheval territorial. Il est signé Olivier Linot et s’appuie sur son expérience de directeur général des services de Trouville-sur-Mer où des chevaux se relaient depuis 14 ans dans les rues de la ville.
Éditions Rue de l’Echiquier, 96 p. mars 2014, 12 €.
Le magazine Sabots : www.sabots-magazine.com

À voir
L’expo itinérante « Un pied à l’étrier »
présente les photographies de Thomas Jouanneau et de Thierry Houyel partis à la rencontre de jeunes Normands désireux de vivre du cheval. Elle sera présentée les 21 et 22 juin à la Foire d’Isigny-sur-Mer, du 1 er au 7 juillet à l’hippodrome de La Glacerie, du 11 juillet au 3 août au Château de La Paluelle à Saint James, et du 28 au 31 août au Haras du Pin.
http://leventcoulis.overblog.com
 

 

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