Si ces chaussures-là pouvaient parler, elles raconteraient les milliers d’heures passées dans les champs environnants. De vrais souliers de paysan, usés par dix ans de labeur. « Ils étaient très abîmés, mais Fred leur propriétaire m’a supplié de les réparer. Pour un maraîcher, de bonnes chaussures, c’est un véritable outil de travail, explique Julie Triquet en manipulant doucement la paire de gros godillots. J’ai tout recousu et je vais coller des semelles de pompier dessous. Le cuir, lui, est encore bon. Ces souliers sont repartis pour dix ans ! » A Saint-Michel-de-Chabrillanoux, un village du Centre Ardèche de 384 âmes, on commence à s’habituer à ce genre de petit miracle. Voilà un an et demi que Julie s’est installée ici en tant que cordonnière, ou « docteur en chaussures » comme elle l’entend parfois. 

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