En chiffres…

Avec 1,09 million de têtes de poulets, poules, dindes, canards et pintades abattues, dont 80 % de poulets de chair, la France est le premier producteur européen de volailles. Sources : FranceAgrimer et ITAB (2013). 

La journée débute par l’ouverture des trappes des huit poulaillers. Une centaine de poulets se dirige tranquillement vers l’herbe fraîche et les sous-bois de buis et de chênes, sous le regard attentif de Sylvie et de Jean-Louis Rivemale, la trentaine, lancés depuis deux ans dans l’aventure des volailles de chair, dans le sud de l’Aveyron. Leurs « parcours », ces terrains dédiés à la vie des gallinacés, s’étendent sur 2,8 hectares. Plus au nord, chez Anne Lamy, productrice d’oeufs dans l’Eure-et-Loir, les poules gambadent sur à peine 2 hectares d’herbe. En Isère, Noël Allemand valorise moins d’un hectare de piémont pentu pour élever ses poules grises du Vercors. Ces surfaces agricoles sont minimes, surtout quand on sait que la taille moyenne des fermes françaises atteint 55 hectares (source : recensement agricole de 2010). Minimes, mais suffisantes pour que les volailles explorent, fouillent le sol, picorent, prennent des bains de poussière, volettent, se perchent, nouent des relations sociales harmonieuses avec leurs congénères… Suffisantes également pour que ces éleveurs tirent un revenu correct de leur travail.

Loin du cliché passéiste

Si d’un côté la filière avicole industrielle cherche à rendre « socialement acceptable » ses modes d’élevage et se bat contre une concurrence accrue à l’export, de l’autre, des éleveurs en circuits courts s’installent chaque année, sur un marché pas encore totalement investi. Mieux, certains élevages (lapin bio, volailles de races anciennes) sont encore confidentiels alors que la demande existe pour ces productions de qualité. Certaines de ces activités bénéficient de références techniques et économiques éprouvées permettant d’être guidé lors de l’installation. Pour d’autres, plus novatrices, l’expérimentation est de mise et la création de l’activité nécessite une coopération entre les éleveurs. « Parfois, ce n’est pas très rassurant, mais l’exploration en réseau est passionnante », confie Pascal Orain, l’un des rares éleveurs de lapins bio en France (on en compterait une cinquantaine). Dans tous les cas, avec ces petits élevages, on est loin du cliché passéiste de l’agriculteur accaparé par sa ferme. Les animaux de basse-cour laissent du temps pour une vie personnelle et familiale. La vente directe (pas seulement sur les marchés, également aux restaurateurs, épiceries, etc.) permet des rencontres avec les amateurs de saveurs. Plutôt gratifiant de voir le fruit de son travail apprécié et recherché ! 

Combien coûte une poule pondeuse ?

Le poussin : 0,85 €.

La poule est prête à pondre vers 16-18 semaines, puis réformée après 1 an de ponte.

Alimentation : 23 à 35 €. Charges (eau, chauffage, amortissement matériel…) : de 41 à 54 € selon le mode d’élevage.

Une poule produit en moyenne 270 oeufs, vendus de 0,25 € en conventionnel à 0,30 € l’unité en bio. 

De 47 à 180 jours

En batterie, les poulets sont élevés au minimum 47 jours. Pour le label rouge (appellation « poulet fermier »), comptez 81 jours, tout comme pour le bio. Dans les élevages traditionnels de poulets dits « de ferme » ces derniers sont souvent élevés, en bio comme en conventionnel, entre 120 et 150 jours, et jusqu’à 180 jours pour les races anciennes. 

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