Ève est productrice de fleurs, Quentin cartographe/géomaticien, Marie-Sabrina guide conférencière et Jean-Christophe paysagiste de l’eau. À première vue, leurs parcours professionnels et leurs histoires de vie semblent bien différents, et pourtant, tous les quatre ont un point commun : celui d’exercer le métier qu’ils aiment sans tout lui sacrifier et de vivre la vie qu’ils ont choisie. Dans leurs propos reviennent des constantes : être autonome sans être isolé, travailler dans un cadre sécurisé et solidaire, participer à un collectif, défendre des valeurs et faire rimer boulot avec plaisir, confiance, bienveillance et ouverture. Cet environnement, ils l’ont trouvé au sein d’une coopérative d’activité et d’emploi (CAE), une entreprise solidaire dans laquelle chacun est responsable de son projet et peut s’y consacrer pleinement, puisque c’est la coopérative qui se charge des questions comptables, fiscales et juridiques. Les CAE conjuguent deux termes a priori antagonistes : « entrepreneur » et « salarié » : chacun est salarié en fonction du chiffre d’affaires qu’il génère sur l’année sur son activité propre, conservant ainsi la protection sociale que procure le salariat. Pour dégager l’équivalent d’un SMIC mensuel (1 466 euros brut/mois), il faut par exemple pouvoir cumuler 21 000 euros par an de bénéfices (chiffre d’affaires – achats et frais de fonctionnement). 
Ces entreprises innovantes sont encore peu connues bien que l’aventure ait débuté en 1995 à Lyon. Ce modèle entrepreneurial a essaimé en Belgique, plus modestement au Maroc, en Suède et au Québec et n’est reconnu en France que depuis le vote, en 2014, de la Loi relative à l’économie sociale et solidaire (entrée en vigueur au 1er janvier dernier). Aujourd’hui, elles sont une centaine en France avec souvent plusieurs antennes. Elles comptent déjà plus de 10 000 entrepreneurs sur le territoire, dont une part en milieu rural.

Plus rassurant, plus stimulant !

Appareil photo et smartphone en mains, Pauline Boittin parcourt la cité médiévale de Domfront (Orne). À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, c’est l’effervescence : visite du château, concert, accès au clocher… autant de rendez-vous à promouvoir. 

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