Ça commence par une frustration. On manque de reconnaissance, de perspectives d’évolution, de sens dans son travail, d’une rémunération suffisante… et on se prend à rêver d’une reconversion.

Comme Antoine Mazurier, au terme de cinq ans dans la gestion de projets : « je passais mon temps derrière un ordinateur à imaginer des stratégies, organiser des réunions, présenter des powerpoints… Ma créativité se noyait dans les tableaux Excel ! Mon métier et ma vie perdaient du sens ». Aujourd’hui, Antoine n’est plus ingénieur à Paris mais ébéniste à Felletin, en Creuse.

Comme lui, de plus en plus de salariés du privé se reconvertissent pour mener une nouvelle vie : 60 % déclarent vouloir changer de travail dans les deux ans, selon le Conseil d’orientation pour l’emploi. Tous les ans, ils sont 10 % à franchir le pas. Et parmi les bénéficiaires d’un congé individuel de formation (Cif), 70 % ont changé de métier, 60 % d’entreprise et 54 % de secteur d’activité !

Une vie en accord avec ses valeurs, une vie que l’on maîtrise, cela passe souvent par un métier où l’on se sent utile, où l’on produit du concret. À l’image d’Antoine, Bruno Bondia a eu envie de quitter son poste d’ingénieur informatique dans une centrale d’achat de Montpellier pour un métier plus manuel, « pourquoi pas dans le bois ». Il est finalement devenu apiculteur en Aveyron (voir son portrait).

Qu’il s’agisse d’agriculture, d’artisanat, de commerces ou de services, ce changement de vie induit souvent un déménagement à la campagne.
 

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