On n’arrive pas à Rimon-et- Savel par hasard. Après dix kilomètres de virages au fond de la vallée, il faut emprunter une petite route en lacets, passer Savel, puis donner un dernier coup de rein pour atteindre Rimon. Si les deux villages ne forment plus qu’un depuis longtemps, la commune ne compte qu’une trentaine d’habitants. Là où la route se transforme en piste forestière se trouve la ferme de Claire et Gérard Lefranc. « C’est un lieu isolé où l’on pratique une agriculture de montagne », commente sobrement Gérard, 51 ans. « Le climat est parfois rude à mille mètres d’altitude, mais l’air est pur et le sol totalement dénué de pollution. Ici, on peut dire qu’on cultive vraiment en bio. » En 1988, il prend la suite de l’exploitation familiale : des brebis pour la viande et des champs de céréales pour les nourrir. Les années suivantes, il ajoute de la lavande et du lavandin qu’il récolte et distille. À l’époque, Claire son épouse travaille à l’extérieur pour améliorer l’ordinaire. Un premier poste de conseillère à l’ANPE puis un second d’accompagnatrice de projets à la Communauté de communes du Diois lui donnent des idées. En 2013, lassée par les déplacements quotidiens sur des routes difficiles (ici l’hiver peut durer cinq ou six mois), elle décide, à l’approche de la cinquantaine, de créer son propre emploi sur la ferme. Son projet : fabriquer des pâtes avec les céréales que cultive son mari, des variétés anciennes de blé dur, d’épeautre et de seigle destinées à l’origine à la farine. 

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Rimon-et-Savel
La peur du gluten

Pour faciliter le travail du boulanger, les céréaliers privilégient des blés riches en gluten. La pâte, plus collante, lève davantage. Mais cette glu indispose les organismes et crée des allergies. Les blés modernes possèdent jusqu’à 12 % de gluten, là ou les blés anciens n’en ont que 6 ou 7 %. Ces derniers sont beaucoup plus digestes. 

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