Le petit camion bleu d’Arnaud Martin est stationné sur la base de loisirs de Thury-Harcourt, dans le Calvados, où se déroule un raid sportif. Devant la porte ouverte de son véhicule, véritable atelier mobile, une file d’attente s’est formée. « Qu’est ce qu’il a, ton VTT? », interroge le mécanicien de 37 ans. « Une vitesse passe mal », « il ne freine pas très bien », « il faut régler la selle ». Ses gestes sont rapides et précis. Arnaud répare, ajuste, vérifie l’état des vélos des jeunes participants. Il est 17 heures, mais la journée du Normand n’est pas encore finie : « je dois filer dans une autre commune pour entretenir d’autres vélos », lance-t-il. Ainsi va la vie d’un réparateur itinérant : toujours sur les routes. « Je fais environ 2 000 kilomètres par mois, évalue-t-il. Et je ne prends jamais de frais de déplacement! » Employé d’une grande enseigne de sport à Caen durant douze ans, Arnaud Martin a eu un jour un déclic. « Je travaillais à l’atelier d’entretien, j’y ai rencontré des professeurs de sport mécontents de devoir sans cesse amener plusieurs vélos à la réparation. » Et si c’était l’atelier qui venait à eux ? Fort de cette idée, le mécanicien prend un congé de création d’entreprise, achète de l’outillage et un premier stock de pièces de rechange grâce à ses économies personnelles. Tout seul, il réalise une étude de marché puis en mai 2010, il crée sa société, Vélhom, sous le statut d’autoentrepreneur.

Le vélo du facteur entre ses mains

« Certains copains m’ont cru fou. Mais j’ai réussi à concevoir quelque chose qui n’existait pas auparavant. J’en suis très fier. »

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