« Quand on se replie sur soi-même on risque fort de ne plus voir où on va » écrivait le romancier québécois Jean-Marie Poirier. Et le risque est alors énorme de manquer d’air, de manquer les autres, de rater sa vie. Bien sûr, le recul de l’emploi, des services publics et du soutien aux mouvements associatifs et d’éducation populaire est une réalité qui explique aussi ce sentiment d’abandon. Mais la tempête ne nous paraît-elle pas amplifiée par le filtre des médias ? N’est ce pas lui aussi qui donne le sentiment de ne plus avoir prise ? Quel vent souffle vraiment sur nos territoires ? N’y a-t-il pas des énergies, des signaux réellement encourageants, une autre façon de vivre ensemble, de créer, de construire qui restent à inventer, à expérimenter ou à poursuivre ? C’est donc plus que jamais le moment d’ouvrir ses fenêtres pour voir quel temps il fait vraiment, de s’ouvrir aux autres, de s’impliquer, de militer, de se révolter quand c’est nécessaire. Il faut regarder autour de soi les véritables évolutions, comprendre ce qui se passe et ne pas se tromper de danger. Les élus qui entretiennent les peurs sont inconscients. Il est plus que jamais nécessaire de choisir ceux qui respectent la diversité et concourent à l’éclectisme de leur territoire, ceux qui écoutent ceux qui agissent, qui les encouragent, qui fédèrent les énergies et enfin qui prennent soin de ceux qui souffrent en se battant pour le développement de services de proximité par exemple. C’est la seule façon de retrouver si ce n’est la tranquillité, impossible dans un monde en mouvement permanent, au moins, du souffle, de l’énergie, de la joie de vivre, de la fraternité et de la beauté.

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