Des porteurs de projet et des représentants de l'Europe réunis en pleine campagne normande, le moment est singulier. Quatre représentants se sont déplacés pour rencontrer les citoyens européens des campagnes : François-Xavier Priollaud, maire de Louviers, vice-président de la Région Normandie, chargé des affaires européennes et internationales et membre du comité européen des régions, Isabelle Coustet, chef du bureau d'information du Parlement européen en France, Christophe Rouillon, maire de Coulaines, conseiller général de Sarthe, vice-président de l'Association des maires de France en charge de l'Europe et membre du Comité européen des régions et Isabelle Jegouzo, chef de la Représentation en France de la Commission européenne. Dans un premier temps, les représentants de l'Europe ont discuté avec les porteurs de projet venus partager leurs réussites mais aussi leurs déceptions et incompréhensions. Tous se sont ensuite rendus dans l'Orangerie du Château de Beaumesnil pour échanger avec la  centaine de personnes présente pour le débat citoyen. 

Monika Spierkermann est en Service volontaire européen à Caen. (Photo : Emilie Unternehr)

Les jeunes qui font bouger les choses

Monika Spiekermann est Autrichienne, à 19 ans elle est en Service volontaire européen à Caen où elle travaille pour le Centre régional d'information jeunesse, elle participe à des interventions scolaires pour faire découvrir l'Europe et ses possibilités aux plus jeunes. Dans le cadre des European Youth Event les 20 et 21 mai dernier au Parlement européen à Strasbourg, elle a pu échanger sur les thèmes de la démocratie, du chômage, de la guerre et de la paix, avec plus de 7 000 jeunes venus de toute l'Europe. Une expérience très enrichissante pour Monika, dynamique, motivée et très investie, qui explique dans un français parfait : "On peut faire bouger les choses en Europe quand on est jeunes, ce n'est pas que des mots, c'est la réalité !" 

Un programme méconnu : Erasmus pour jeunes entrepreneurs

Simon Benard a bénéficié de février à juillet 2014 de l'EYE (Erasmus for Young Entrepreneurs). Passionné par le champs des énergies marines renouvelables, il décide de se rendre en Angleterre où le domaine est beaucoup plus avancé qu'en France. Il s'est inscrit sur la plateforme EYE et a vite été sollicité par un cabinet de conseil ayant en charge la gestion d'un pôle de compétitivité dédié aux énergies marines renouvelables. Il travaille aujourd'hui au développement de la filière en Normandie.

Simon Benard a bénéficié de février à juillet 2014 de l'EYE. (Photo : Emilie Unternehr)

Souvent méconnu, le programme mériterait plus de publicité estime Simon Benard. "On ne sait pas tout ce que fait l'Europe, on a besoin d'informer sur tous les programmes", explique Christophe Rouillon, vice-président de l'Association des maires de France en charge de l'Europe et membre du Comité européen des régions. "Il faut faire en sorte d'amener les gens vers l'Europe, de toucher ceux qui pourraient bénéficier d'aides mais qui ne le savent pas, ajoute François Xavier Priollaud, vice-président de la région Normandie, chargé des affaires européennes et internationales. L'Europe doit être active, on doit apprendre à mieux connaître la population".

Une ferme écologique et solidaire

Frédéric Lamblin est directeur de l'association Mille et un légumes, il gère un potager conservatoire, une Amap et un pôle environnemental solidaire dans une maison restaurée et écoconstuite où il organise, entre autres, des stages de cuisine pour les plus démunis [CF notre article dans le magazine Village numéro 128]. Le pôle environnemental solidaire  a bénéficié du soutien financier des fonds européens en parallèle des financements du département de l'Eure et de la Région. Le témoignage de Frédéric Lamblin est l'occasion d'évoquer quelques déceptions du côté des porteurs de projet.

François Xavier Priollaud est vice-président de la région Normandie, chargé des affaires européennes et internationales. (Photo : Emilie Unternehr)

"On a eu un vrai problème avec l'avance de trésorerie, raconte-t-il aux représentants de l'Europe, pour une petite structure comme la nôtre, c'est compliqué, ce sont des procédures lourdes". Les questions administratives demandent beaucoup de temps et d'argent, elles découragent ainsi certaines petites associations rurales à demander des aides. François-Xavier Priollaud a conscience de la complexité des démarches et propose des solutions pour les simplifier : "L'objectif serait de mettre les forces de la région  et de l'Europe en commun pour faciliter les choses. On travaille sur une stratégie pour aider les porteurs de projet, être plus rapides, plus réactifs". 

Une ancienne étable devenue un espace de culture

Martin Roch est administrateur de la Compagnie des Petits Champs, installée à Beaumontel dans l'Eure. La compagnie a transformé une étable familiale désaffectée en un espace de résidence d'artistes, de création culturelle et d'exposition. L'Etable a bénéficié du soutien financier des fonds européens et d'aides du département de l'Eure et de la Région de Normandie. "Le financement européen c'est la cerise sur le gâteau, assure Martin Roch, ça donne un vrai crédit au projet, une légitimité européenne". 

Des Gîtes de France qui respectent l'environnement, les traditions et le patrimoine local

Sylvain Devaux est chargé de développement et formation pour Gîte de France, son poste a été créé par l'Europe dans l'ouest de l'Eure. Il a pour objectif de soutenir les projets d'hébergements touristiques responsables, qui participent à la sauvegarde du patrimoine et préservation de l'environnement. L'écologie est d'ailleurs un thème qui passionne particulièrement les habitants présents au débat, les questions fusent sur le glyphosate, le TTIP ou la COP21.

Créer un lieu de rassemblement dans un territoire rural

Jenny Irolci est directrice du Centre de culture, de ressources, d'initiatives et de loisirs de l'Eure. L'objectif était de créer un lieu de rassemblement dans la communauté de communes de Broglie dans l'Eure pour redynamiser le territoire et créer du lien. Plusieurs services ont ainsi été regroupés dans un seul lieu : pôle social pour aider les habitants à effectuer des démarches administratives, initiation au numérique ou encore atelier couture. Le centre a été ouvert en octobre 2014 et a été financé à hauteur de 80% par les fonds européens. "L'Europe est faite pour promouvoir de telles initiatives, précise François-Xavier Priollaud, ce n'est pas que de l'argent, c'est aussi un état d'esprit". 

 Isabelle Coustet est chef du bureau d'information du Parlement européen en France. (Photo : Emilie Unternehr)

Dans un pays où "l'Europe n'intéresse personne", comme le déplore Isabelle Jegouzo, chef de la représentation en France de la Commission européenne, les représentants ont eu l'occasion de rencontrer des porteurs de projets "dynamiques et enthousiasmants", et ont pu mettre des visages sur les programmes qu'ils financent.

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Emilie Unternehr

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