Samedi 3 décembre, 16h, Saint-Sever-du-Moustier (Aveyron), à trois quarts d’heure de la première ville de 10 000 habitants. Température extérieure : 1 °C… Il n’empêche : pour fêter la restitution de la résidence de l’artiste toulousain 100Taur (Nicolas Giraud), une trentaine de curieux de tous âges sont présents sur la place de ce village de 234 habitants. Chacun explore et commente les détails de la statue réalisée durant ce mois. Bière, jus de pomme et fouace du coin ont remplacé poussière, coups de burin et ciseaux. La pierre, issue d’une carrière proche, avait pu être amenée grâce au tracteur d’un paysan du coin. Sous le vent, sous un peu de pluie, Nicolas a sculpté en plein air, échangeant chaque jour avec des curieux, expliquant sa technique à des gamins à vélo, des passants ou les bénévoles des « Nouveaux Troubadours » (voir encadré p.71). « Merci, j’ai été content de parler avec vous dans le village », commence-t-il son discours un peu ému, avant d’enchaîner, à la demande de Pol Lemétais, directeur du Musée des Arts Buissonniers attenant, sur les choix artistiques qui ont guidé son travail. « L’idée du cœur m’est venue en regardant cette rosace, là, sur l’église en face. Et là ce sont des symboles runiques protecteurs », poursuit-il. « Ah merci ! » s’exclame une habitante. 
Dans quelques mois, la statue prendra place dans le jardin qui jouxte l’église, au cœur d’une exposition permanente de sculptures unique en son genre, issues des précédentes résidences.

Brasser les bonnes volontés !

Les idées et projets d’événements à la campagne se partagent. « Le fait que des gens d’ici et d’autres arrivant d’ailleurs se mettent ensemble pour créer est facteur de réussite, constate Pol Lemétais. Sinon il peut y avoir des conflits. Il y a ce complexe de l’habitant rural qui a l’impression qu’on vient lui faire la leçon. Et le néorural ne comprend pas. »

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