Située au coeur d’un vaste triangle reliant les métropoles de Madrid, Saragosse et Valence, la province de Teruel symbolise depuis des décennies une Espagne rurale délaissée.

Dans cette région montagneuse de l’Aragon, le climat est rude, les services publics ferment et la population décline inéluctablement.

Cette situation a donné naissance il y a une vingtaine d’années au mouvement Teruel existe. À cette époque, le collectif exigeait un traitement équitable pour son territoire dépourvu de grands axes de circulation, uniquement relié au reste de l’Espagne par une ligne de train qui connut huit déraillements en une seule année.

Son premier fait d’arme fut l’organisation, en 1999, d’une manifestation silencieuse. Pendant cinq minutes, 90 % des 30000 habitants de la ville de Teruel s’était arrêté de travailler et s’était immobilisé pour exprimer leur mécontentement vis à vis de l’État espagnol accusé d’abandonner ses territoires ruraux.

Vingt ans après ce coup d’éclat, ce mouvement vient de remporter une victoire de taille. Lors des élections générales du 10 novembre 2019, son représentant Tomás Guitarte a été élu député, avec 33 % des suffrages, loin devant les deux partis traditionnels que sont le Partido Popular (PP) et le Partido Socialista Obrero Española (PSOE).

Défense des services publics et de la santé en milieu rural, développement des infrastructures ferroviaires pour désenclaver les territoires, cet architecte de 58 ans, entend défendre la création d’un « pacte d’État contre la dépopulation ».
 

 

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