Les leader de la distribution alimentaire n’ont pas des allures de Che Guevara et, pourtant, c’est une nouvelle révolution sur laquelle ils soufflent comme sur le feu couvant. Car il faut bien se rendre à l’évidence : le commerce de proximité a le vent en poupe, principalement en ce qui concerne les supérettes. L’augmentation du nombre d’habitants en milieu rural n’y est pas pour rien, mais cela n’explique pas tout. Pour apprécier la situation, il faut remonter aux années quatre-vingt. À cette époque, le paysage de la distribution alimentaire française était composé de grandes surfaces en phase d’expansion intensive et d’épiceries ou supérettes locales qui vivotaient.

« Les petites surfaces de magasins étaient difficiles à gérer, explique Philippe Pilliot, secrétaire général de la Fédération nationale des épiciers (FNDE). Elles ne généraient pas assez de volumes de vente pour avoir les prix des supermarchés. Tout a changé lorsque les gros groupes ont vu leur progression stagner, alors seulement ils s’y sont intéressés. » Ils se sont alors dévorés entre eux ou regroupés : « Il y a vingt ans, nous étions 45 groupes de distribution, raconte Hervé Leny, directeur commercial de la centrale d’achat Le Mistral, affiliée Francap dans le sud de la France. Aujourd’hui, nous sommes cinq : Leclerc, Auchan, Carrefour, Casino et Francap. Les trois derniers seulement agissent sur le marché de la proximité. » Alors, derrière l’épicier du village se cache-t-il un de ces trois grands groupes ? Oui, pour 40 % des 28 000 épiceries françaises. 16 000 restent encore indépendantes… Pour combien de temps encore ?

 

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