10 000 maires

L’Association des maires ruraux de France (AMRF) fédère, informe et représente les maires des communes de moins de 3 500 habitants. Elle s'engage au quotidien pour défendre et promouvoir les enjeux spécifiques de la ruralité. Créée en 1971, l'AMRF rassemble près de 10 000 maires ruraux, regroupés dans un réseau d'associations départementales, en toute indépendance des pouvoirs et partis politiques.

www.amrf.fr

Comment la ruralité est-elle perçue par les pouvoirs publics ?
Je pense qu’il y a une prise de conscience du malaise du monde rural. Les Assises des ruralités organisées cet automne sous l’égide de Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité en sont le signe. Mais j’attends de voir ce qui va être concrètement fait ensuite.

Quelles sont les actions à mener en priorité ? 
Pour moi, le premier acte symbolique serait de corriger 
la Dotation globale de fonctionnement (DGF)* qui dépend actuellement de la taille de la commune. Si elle compte moins de 3 500 habitants, la dotation par habitant varie de 64 à 88 euros, alors qu’elle est de 158 euros pour les villes de plus de 150 000 habitants. C’est inacceptable. On ne considère pas les ruraux et les urbains de la même manière. C’est en outre un très mauvais calcul. Le risque est de voir se généraliser dans les territoires ruraux des votes extrêmes, voire une contestation de type de celle des bonnets rouges. 

 

Que défend l’AMRF pour éviter cela ?
Il faut tout d’abord rappeler l’importance de l’échelon communal. C’est le premier échelon démocratique, le plus proche de la population et de ses besoins. La seconde priorité, c’est le maintien d’un socle minimum de services publics et la couverture des territoires ruraux en haut débit. Enfin, il est urgent de valoriser nos territoires, aussi bien auprès des urbains que des ruraux, mais aussi dans les médias. Nous sommes trop souvent dans la caricature, 
la nostalgie… La ruralité, ce sont des initiatives innovantes et une réelle capacité de développement et d’accueil. 

Les réformes territoriales en cours et envisagées vont-elles dans le bon sens ?
Je ne pense pas. L’État doit s’interroger sur l’aménagement du territoire qu’il souhaite : la poursuite de la métropolisation ? Un équilibre entre les territoires ruraux et urbains ? On confond trop souvent mutualisation des services et des activités, avec concentration, au profit des villes le plus souvent. Je suis aussi très inquiet concernant les menaces qui pèsent sur les départements. Les décisions sont prises sans concertation avec les acteurs locaux. Je défends le maintien de l’échelon communal, départemental et régional, mais il est essentiel de déterminer qui fait quoi, pour éviter les chevauchements de compétences.

Que pensez-vous du rapport d’Alain Bertrand sur l’hyper-ruralité ? **
Je partage ses analyses, seulement cela m’interroge. Faut-il attendre d’être un territoire « hyper rural », déserté par les habitants, les services et les activités économiques pour que l’on s’occupe de nous ? Il existe une diversité de territoires ruraux, tous doivent être pris en compte.

Suite aux dernières élections municipales, quel est le profil des élus ruraux ?
Des jeunes sont arrivés dans les conseils municipaux. Seulement, ils sont confrontés à un réel problème de disponibilité qui concerne notamment les mères de famille. Cela pose la question du statut de l’élu rural. C’est une fonction qui prend du temps pour une indemnité bien moindre que celle d’un élu urbain, alors que ces élus sont indispensables à la vie locale.

* La DGF est versée par l'État aux collectivités territoriales. La réforme de la loi de finances pour 2004 avait doublé son volume. En 2014, pour la première fois, son montant baisse en valeur et s’établit à 40,1 milliards d’euros. 

** Le rapport Bertrand est téléchargeable sur le site www.territoires.gouv.fr

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