« Pendant les vacances, on trouve des bouchons à la montagne ! La concentration de polluants n’a rien à envier à celle des villes. Dans les vallées alpines, 75 % des gaz à effet de serre sont liés aux transports individuels. Les vacanciers viennent chercher l’air pur et le polluent avec leur pot d’échappement. » Frédi Meignan n’a rien d’un donneur de leçons. Mais son constat est sans appel. Gardien de refuge dans le massif de l’Oisans, le président de l’association de protection de la nature Mountain Wilderness mesure chaque jour les effets dévastateurs du tourisme en termes d’impact sur le paysage (routes, stations) et de pollution atmosphérique. Car le principal mode de déplacement des touristes reste la voiture individuelle.

Selon une étude réalisée en 2010 par le ministère du Tourisme, 78 % des Français partent en vacances par la route. Afin de les convaincre de se déplacer autrement, de nombreux professionnels du tourisme se retrouvent chaque automne en Baie de Somme autour du colloque « Tourisme zéro carbone ». L’avenir de leur activité en dépend.

« Notre territoire est un bon exemple de ce qu’on peut réaliser pour concilier développement touristique et sauvegarde de la biodiversité. Nous sommes très axés sur le tourisme nature et nous incitons les visiteurs à utiliser des moyens de transport doux », explique Dominique Ferreira Da Silva, hôtelière dans la Somme.

Ainsi, un touriste qui vient observer les phoques à la pointe du Hourdel doit rester silencieux pour ne pas les faire fuir. Il va donc les voir à pied, à vélo ou en kayak avec un moniteur. Dans un souci de cohérence, il peut utiliser le train du littoral pour rejoindre le loueur de vélo ou de kayak. Ce train est relié au réseau ferroviaire national. Il peut donc aller voir les phoques de la Baie de Somme de n’importe où en France en utilisant successivement le train, e vélo, la marche ou le kayak. Reste à rejoindre une gare, parfois un peu éloignée de son domicile quand on vit à la campagne. Mais on peut utiliser les transports à la demande, le taxi ou se faire amener par des amis.

Au départ de chez soi

Cette même logique se retrouve sur le site de Mountain Wilderness qui a compilé plus de 10 000 itinéraires dans les massifs français et suisses accessibles en transports en commun. « L’idée est non seulement de ne pas polluer, mais aussi de prendre le temps de découvrir la montagne », explique Frédi Meignan. « Sans voiture, il faut parfois partir deux jours au lieu d’un et accepter de passer la nuit en refuge, mais le déplacement fait partie de l’excursion. Le voyage commence au départ de chez soi. On ne consomme plus la montagne. On cherche le contact avec la population pour se ravitailler, se loger… Et cela évite de faire une boucle pour récupérer son véhicule. » Parmi ses sorties préférées, Frédi conseille au départ de la gare de Grenoble de prendre un car qui monte à La Bérarde au pied des sommets de l’Oisans. De là, on peut accéder à huit refuges. Nous vous proposons dans ce dossier de découvrir le pays autrement lors de vos prochaines vacances, au plus près de la nature. Toutes nos idées de balades sont accessibles en transports en commun. Respirez… Prêts ? Partez !

Sites utiles :
www.mountainwilderness.fr
www.somme-nature.com
www.baiedesomme-zerocarbone.org
www.ecomobilite-baiedesomme.fr

 

 

 

 

 

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