« Co Pain », du latin Cum Panis qui signifie « Faire et manger le pain ensemble ». « Gallo Pain », le pain du pays de Haute Bretagne. Ces quatre mots résument l’activité de Daniel Testard. La cinquantaine passée, le boulanger se dit « associé à son levain ». Il a l’esprit vif et l’âme militante. Après avoir été assistant social pendant sept ans, il est revenu à son premier métier de boulanger. Deux fois par semaine, les fidèles de l’alimentation biologique viennent de tout le pays, à Quily, pour chercher le pain fabriqué à partir de levain, sel de mer et eau de pluie. Le fournil est ouvert le mardi et le vendredi au domicile même du bio boulanger. Les clients, ou plutôt les associés tels qu’on les nomme ici, passent leur commande d’une semaine à l’autre. Ainsi, inutile d’interrompre l’artisan à sa tâche. Un bonjour et un brin de causette suffisent. On se sert sur l’étalage et laisse la monnaie dans la corbeille prévue à cet effet.

La qualité plutôt que la quantité

Souhaitant vivre de sa profession tout en se préservant du temps pour ses loisirs, Daniel Testard a mûrement réfléchi son projet avant de se lancer. « Pendant trois ans, j’ai recherché un petit bourg sympathique où le fournil serait éteint pour m’installer avec ma famille dans la région du Morbihan, de la Loire-Atlantique ou de la Vendée, explique le boulanger. Des maires de villages désertés se sont activés à nous trouver un local. Car un bourg de moins de 500 habitants est désormais souvent privé de son boulanger et de sa boulangère. Seulement, je n’étais pas intéressé par le système conventionnel qui oblige l’artisan à travailler tous les jours. Boulanger, oui ! Mais pas prisonnier du pétrin et de la sonnette du magasin. Faire du pain, oui ! Mais du bon pain plutôt que beaucoup de pain. »

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Quily 56800 Ploërmel
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