Saint-Denis-d’Oléron, dix heures du matin. Dans la lumière nacrée, le phare de Chassiron contemple l’immense étendue que l’océan vient de mettre à nu. Mares scintillantes, vases ondulantes, douces chevelures d’algues fraîches… l’estran baigne dans l’intervalle magique, paisible et silencieux, du jusant. C’est un coefficient 102: une marée très attendue par les pêcheurs à pied. Peu à peu, les voilà qui arrivent, le seau à la main… Bientôt ils sont des dizaines à gratter la vase et fouiller les rochers. Les habitués font un brin de causette, parents et enfants s’amusent à observer les bestioles, tout le monde profite de ce bon bol d’air iodé. La pêche à pied de loisirs est très populaire en France: selon un sondage de l’Ifremer, elle est pratiquée par deux millions de personnes. « C’est une activité qui tient à coeur d’une grande partie de la population, pas uniquement côtière », note Adrien Privat du CPIE Marennes- Oléron. Gens du coin, résidents secondaires ou touristes, « tous sont attachés à cet espace de liberté qu’est le domaine public maritime. Ce qu’ils recherchent, c’est le contact avec la nature bien plus qu’une ressource alimentaire ». Associée aux vacances, la pêche à pied fait partie de la culture locale et offre à chacun le sentiment d’appartenir à « la communauté » du bord de mer.
 

 

 

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