Le coup de massue fut terrible. À la hauteur du déracinement. Nous sommes en 1969 et les derniers habitants de Celles, dans l’Hérault, sont contraints de quitter leur maison. Il faut faire place nette pour la création du barrage et du lac du Salagou qui doit submerger ce bourg séculaire. Sauf que, si aujourd’hui le lac fait partie du paysage, l’eau ne montera jamais aussi haut que prévu. Les maisons resteront au sec, abandonnées et propriété du conseil général. Les pillards, des gens de la région, se servent dans ce village qui décrépit à vue d’œil. Une communauté de hippies s’installe. « En fait, le retour de Bichette, un ancien du village, a changé la donne, se souvient Joëlle Goudal, aujourd’hui première édile. Il a proposé de garder bénévolement les lieux. Nous avons aussi retapé deux appartements pour empêcher que la commune ne disparaisse administrativement. »

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