Thomas Lefranc dans son fournilAprès avoir pétri durant une heure six pâtes à pain, Thomas Lefrancq, boulanger à Dullin (Savoie), façonne des pâtons, les pèse et les dépose dans les bannetons situés sur une étagère derrière lui. Il surveille dans le même temps les flammes de son four auto-construit, l’alimentant par une trappe située à l’extérieur. Les pains attendent deux à trois heures avant d’être enfournés 30 à 45 minutes. Les gestes sont précis et réguliers. Il les a appris auprès d’autres artisans. Les 24 et 25 octobre, c’est lui qui les transmettra lors de l’opération Les Gestes partagés, organisée dans toute la France par l’association Savoir-faire & Co.

 

Piocher le meilleur chez chacun

 

Si Thomas veut transmettre son savoir, c’est que lui-même a pu se reconvertir grâce à l’accueil d’autres boulangers. Auparavant, il travaillait dans un bureau d’études d’urbanisme à Chambéry. Fin 2010, son congé parental lui donne le temps de penser à sa reconversion professionnelle. « Adolescent, je voulais être boulanger, mais un stage chez un professionnel m’avait dégoûté du métier ! Se lever au milieu de la nuit, enchaîner les fournées… Je ne m’y voyais pas du tout. » Si son désir de faire du pain le titille de nouveau beaucoup plus tard, c’est qu’il est convaincu qu’il existe d’autres façons de travailler, conciliables avec une vie sociale et familiale. Mais comment les acquérir ? Il fouille sur Internet, se renseigne à droite à gauche…

 

Ses recherches le mènent vers Savoir-Faire & Découverte, organisme qui propose dans toute la France des formations chez l’artisan. Il monte alors un programme de formation de 25 jours chez cinq artisans différents qui lui permettent de passer son CAP en candidat libre, les épreuves généralistes lui étant dispensées du fait de ses études d’ingénieur. Ce parcours atypique lui apporte tout ce qu’il recherche.

« Ça m’a conforté dans mon choix. Je doutais encore, mais plus je voyais ces professionnels travailler dans leurs fournils, plus ce métier me fascinait. Cela m’a également permis de piocher chez chacun ce qui me correspondait le mieux. »

 

Chez l’un, ce sera les techniques de panification, chez un autre la commercialisation ou encore la fabrication du levain… « L’avantage de ces formations, explique Arnaud Trollé fondateur de Savoir- Faire & Découverte, c’est qu’elles donnent la possibilité de tester plusieurs méthodes et milieux de travail. On peut aussi se réorienter sans avoir perdu un an de formation, si, finalement, le métier ne plaît pas.»

 

« Les Gestes partagés »: testez-vous auprès de 200 artisans

Les gestes partagés, les 24 et 25 octobre 2015Les 24 et 25 octobre, 200 artisans invitent le public – par petits groupes, pendant 1h30 à deux heures – à expérimenter un savoir-faire : réaliser son pain, un cosmétique naturel, un enduit à la chaux… Tous ces artisans sont acteurs d’une économie locale et socialement responsable. La moitié d’entre eux exerçait un autre métier et a suivi un parcours de reconversion. Une soixantaine d’artisans partagent déjà leurs gestes à travers des formations proposées au sein du réseau Savoir-Faire et Découverte, partenaire de l’opération. L’association Savoir-Faire & Co, organisatrice de l’opération, promeut à l’échelle européenne l’économie relocalisée en valorisant des métiers et des savoir-faire manuels, écologiques mis en oeuvre par des petites structures à taille humaine.

Site : www.lesgestespartages.fr

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