Première barrière, premier cadenas. Puis une seconde, elle aussi fermée à clé, avant d’arriver à l’enclos, ceint d’un grillage haut de deux mètres. Bienvenue à la ferme de l’autruche drômoise ! Un grand mâle, dont la tête dépasse les grilles, gonfle ses plumes en signe d’énervement. Aucun doute, l’animal est sauvage et dangereux. Pour l’avoir oublié quelques secondes, Pascal Grussenmeyer s’est retrouvé à l’hôpital il y a deux ans quand ce même mâle l’a renversé d’un coup de patte. Il aurait pu y rester si les ongles avaient sectionné une artère. Peu rancunier, il a conservé la bête qui règne sur un cheptel de 200 têtes. On compte en France une cinquantaine d’élevages d’autruches. Un marché de niche, longtemps dominé par la viande d’importation sud-africaine, aujourd’hui interdite suite à la grippe aviaire. C’est l’occasion pour les élevages français de se relancer.

« Même si l’on est 30 % plus cher, la demande reste supérieure à l’offre. J’écoule la totalité de ma production en direct à la ferme, dans les points de vente collectifs, sur les marchés et dans les restaurants », explique Pascal Grussenmeyer. « Il y a de la place pour d’autres éleveurs s’ils parviennent à passer les obstacles administratifs et financiers. »

 

 

 

Réservé aux abonnés
Vous aimerez aussi...