Allez-y, c’est gratuit ! Le dossier de Stéphane Perraud Village
À la campagne, on échange volontiers des légumes ou des services entre voisins. Certains habitants vont plus loin en créant des marchés et des magasins 100 % gratuits, pas tant pour réaliser des économies que pour tisser des liens. Ce qui n’a pas de prix.

 

Un extrait
« Rendre le don plus visible »
Jean Michel Cornu, auteur de « Tirer bénéfice du don, pour soi, pour la société, pour l’économie » (Éditions FYP, 2013, 96 p., 9,90 €)

Le don a-t-il sa place dans notre économie ?
Il a toujours existé, c’est un geste naturel. Il n’a pas empêché le développement de la monnaie. L’échange monétaire permet de satisfaire facilement nos besoins, mais il enrichit les riches et appauvrit les pauvres. Pour répartir les richesses, le don est bien plus performant. Il ne s’appuie pas sur une prétendue valeur financière, mais sur une valeur d’usage. Ainsi, un objet qu’on juge sans valeur marchande peut avoir une valeur d’usage considérable pour la personne qui le reçoit. Exemple, vous savez pêcher. Vous donnez quelques hameçons et des conseils à un ami. S’il se met à vivre de la pêche, la valeur de ce don est énorme!

Le don est-il forcément désintéressé ?
On peut se poser la question. Même si l’on n’attend rien en retour, donner génère du plaisir et de l’estime de soi. Il change aussi les rapports humains en créant du lien et de la cohésion sociale. On en tire donc tous des bénéfices. Enfin, il génère une forme d’assurance. Si l’on fait partie d’un groupe de donneurs, on sait qu’on pourra recevoir quelque chose à son tour si l’on est dans le besoin. Ce n’est pas forcément conscient, mais c’est très rassurant. Il faut donner de la visibilité au don pour renforcer ces valeurs.

Par quel moyen ?
Je propose à chacun de faire un don à trois personnes différentes. Si elles vous proposent une contrepartie, refusez. Mais demandez-leur de donner à trois autres personnes à leur tour. Vous allez créer une chaîne vertueuse. Pour la rendre visible, on peut imaginer de construire un arbre du don. À la rentrée, on en fabriquera un en carton à l’école de Saulieu, le village bourguignon où je vis. À chaque fois qu’un élève, un parent ou un enseignant fera un don, il le matérialisera en accrochant une feuille de papier à cet arbre. Chacun pourra alors mesurer son appartenance à la communauté de donneurs, ce qui incite à donner davantage. On ne peut pas comprendre le bonheur que procure le don tant qu’on n’a pas donné soi-même. Il faut le vivre. De la même façon, j’invite les lecteurs de Village à se rendre sur le site du magazine pour cliquer sur un arbre virtuel à chaque fois qu’ils feront un don.

Plus d’infos : http://cornu.viabloga.com

Pour étoffer l'arbre du don : cliquez ici
Chaque don sera matérialisé par une feuille sur l'arbre.
Chaque semaine, nous publierons une nouvelle image de l'arbre.

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