"Plus ça rate, plus il y a de chance que ça marche ! » C’est la devise du FabLab de Saint-Loup-sur-Semouse, en Haute-Saône. En cet après-midi de juin, chacun s’affaire à sa tâche. Philippe modélise une pièce de serrure, Séverine lance la découpe d’une petite enseigne pour les pompiers, un autre Philippe change les bobines de l’imprimante 3D et Françoise reproduit sur du vinyle un logo à transférer sur une vitrine. Ensemble, ils constituent le noyau dur des bénévoles qui animent le Lab’Haut Comtois. Le projet a été initié par 
la communauté de communes de la Haute Comté, qui a acheté le matériel et apporté un appui au lancement des activités. 

À moins de 5 000 €

Fouad Laoufi, chargé de développement numérique, a animé sur plus d’une année des tables rondes afin d’informer puis de concevoir le lieu pour et avec les habitants. La commune de Saint-Loup a mis à disposition des locaux et une entreprise locale a fourni du mobilier. Quant à l’équipement de départ – trois imprimantes 3D, un plotter de découpe, une découpeuse à fil chaud, trois ordinateurs, une perceuse et une boîte à outils complète – il a coûté 20 000 €, une somme subventionnée à 80 %. « Nous avons acheté les imprimantes 3D à moitié prix, en kit. Nous avons mis six mois à les dompter, mais en cas de panne, elles n’ont plus de secrets pour nous, souligne Fouad. On peut cependant démarrer avec moins de 5 000 €. »
Depuis, le Lab’Haut Comtois s’est doté d’une machine à coudre, de matériel électronique et d’autres machines… afin de toucher de nouveaux publics. En général, les utilisateurs arrivent avec un appareil à réparer, ou pour les plus jeunes, l’envie de fabriquer une figurine en 3D. « L’ambition, c’est de rendre les technologies numériques accessibles dans la ruralité », affirme Fouad. 
70 adhérents viennent apprendre de façon ludique, se former au code, découvrir l’univers de l’open source, programmer, mais aussi trouver à plusieurs des solutions ou encore prototyper des pièces à peu de frais. « Jeune ou vieux, diplômé ou non, chacun est détenteur d’un savoir qu’il peut transmettre aux autres », insiste Fouad. Le Lab’Haut est un lieu de coopération, un levier pour donner envie et inventer demain.

 

Réservé aux abonnés aux formules numérique et intégrale
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