Ici, il y a des oiseaux qu’on ne voit plus ailleurs. Les piverts répondent aux verdiers, les mésanges jouent avec les chardonnerets. La faune sauvage est revenue spontanément dans le Jardin Solstice. Située à Vaupillon dans l’Eure, cette ancienne ferme a retrouvé sa fonction agricole. Elle accueille des cultures de plantes aromatiques et médicinales, auxquelles s’ajoutent des chambres d’hôtes. « Le projet a mis du temps à murir, raconte Sébastien Baumgarten. Après l’achat de la maison, j’ai conservé mon travail de cadre dans la sécurité incendie à Paris. Mais je passais quatre heures par jour dans les transports. Une vie de fou ! » Sa compagne Magalie, technicienne vidéo, acquiesce. À mi-temps sur la ferme, elle continue ses allers retours réguliers vers la capitale. « On a vite compris qu’un salaire extérieur serait indispensable à la pérennité de notre projet. Pour faire les bons choix et éviter de rêver, on s’est fait accompagner dans notre démarche de création. » 
À l’époque, Sébastien liste tous les organismes susceptibles de les conseiller. Premier d’entre eux, la chambre d’agriculture. Mais le projet ne rentre pas dans les cases. « J’avais plus de 40 ans, aucun diplôme agricole et je parlais de verveine bio à des gens qui ne juraient que par les céréales et la betterave ! » Il se tourne alors vers le Parc national du Perche. L’accueil est tout autre. Le Parc veut monter un espace test agricole et prend le couple au sérieux. Un conseiller les aide à chiffrer leur projet pour mesurer sa viabilité. « Dans cet espace test, j’ai découvert le stage Paysan créatif proposé par l’Adear (Association pour le développement et l’emploi agricole et rural). Je me suis formé à la gestion d’une entreprise agricole, au travail en réseau et à la recherche de financements. » 

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