Sur la terrasse de l’étape des saveurs, trois habitués échangent les potins du village autour d’un café. Un autre passe prendre le journal et les croissants. Deux tables plus loin, des cyclotouristes dégustent leur petit-déjeuner. D’un coup d’œil, Nicolas Biard vérifie que personne ne manque de rien. Six mois après avoir repris l’unique commerce de Frazé en Eure-et-Loir, le nouveau gérant fait l’unanimité. « Le premier pari était d’assurer la continuité avec les anciens propriétaires. Il n’y a pas eu de fermeture entre leur départ et mon arrivée, explique-t-il. Le second, c’était d’améliorer l’offre existante. On s’y emploie en proposant des produits régionaux et en organisant des soirées. » Nicolas a racheté le fonds en mars dernier avec son compagnon Romain, salarié dans le BTP, qui donne un coup de main le week-end. Le couple a recruté Pascal, un chef cuisinier expérimenté. Deux personnes et demi ne sont pas de trop pour faire tourner l’établissement. C’est à la fois un restaurant, un bar, une épicerie, une maison d’hôtes, un dépôt de pain et un relais Poste ! « On est ravi de nos repreneurs, assure Brigitte Pistre, maire de cette commune de 550 habitants. L’épicerie rend service aux ainés. Le bar et le restaurant attirent les jeunes et les familles. C’est un point d’ancrage. Un village sans commerce est un village qui meurt. » Frazé l’a échappé belle. L’ancienne auberge a fermé en 2008, suivie par la boulangerie. Réactive, la municipalité a construit le bâtiment qui accueille aujourd’hui l’étape des saveurs. Coût total : 700 000 €, financés aux deux-tiers par des subventions (Europe, état, Région et Département). « On a emprunté le reste, mais le loyer couvre l’emprunt. Financièrement, c’est une opération blanche. Socialement, une réussite. »

Une commune sur deux sans commerce

Si Frazé a toujours gardé un commerce, cela devient rare à la campagne. D’après la CCI d’Eure-et-Loir, une commune sur deux en est dépourvue. 

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