Sans dépenser plus pour nos courses, il est possible de manger des produits plus sains et de meilleure qualité, issus notamment de l’agriculture biologique, tout en limitant notre impact sur la planète. Voici ce que révèle une étude co-réalisée par le WWF France et ECO2 Initiative.

Pour le démontrer, l’étude a comparé le panier standard des Français avec un panier dit “flexitarien” [1], adapté à l’alimentation hebdomadaire d’une famille de 4 personnes (2 adultes et 2 enfants) [2]. Ce panier prend en compte trois critères de durabilité :

  •     un coût équivalent au panier alimentaire moyen des Français (environ 190€ par semaine) ;
  •     un  impact carbone moindre, correspondant à la quantité de gaz à effet de serre, en équivalent CO2, émise pendant tout le cycle de vie d’un aliment (production, transformation et transport) [3] ;
  •     une qualité nutritionnelle adéquate, calculée selon l’approche du Nutri-Score, la signalétique nutritionnelle promue par le Ministère de la santé, avec cinq notes allant de A à E, selon la valeur nutritionnelle du produit.

Par rapport au panier standard des Français, ce panier flexitarien prévoit :

  •     une diminution de la viande (-31 %).
  •     une diminution des poissons sauvages (-40%).
  •     une diminution des produits transformés industriels, gras, salés et sucrés (-69%).
  •     une diminution des produits à base de farines raffinées (pâtes, pain, etc.) au profit de farines complètes (-46%).
  •     une augmentation de la part de légumes, céréales et légumineuses (95%).

Concrètement, cela signifie, pour une personne, de passer de 6 repas par semaine avec de la viande ou du poisson sauvage, à 4 repas par semaine, et d’un repas par jour avec des produits transformés à seulement 2 repas par semaine.

Une réduction de ces aliments, largement présents aujourd’hui dans le panier alimentaire moyen d’une famille française de 4 personnes, permettrait de réduire de 38% l’impact carbone du panier (de 109 kg CO2 à 68 kg CO2 par semaine) et de 21% son coût (de 187€ à 147€ par semaine). Grâce à cette réduction de coût, il est possible d’introduire dans le panier flexitarien près de 50% de produits certifiés (Bio, Label Rouge et MSC) sans dépasser le coût du panier standard.

Pour arriver à ce panier durable, il est nécessaire de revoir en partie nos habitudes alimentaires [4] et d’inverser les tendances négatives des 50 dernières années, comme la consommation excessive de protéines animales, l’augmentation de boissons sucrées et de produits transformés.

 

 


 

[1] Le terme « flexitarien » indique un mode de consommation alimentaire qui consiste à réduire fortement sa consommation de protéines animales au profit des protéines végétales. L'assiette  flexitarienne présentée dans l’étude se compose ainsi de 2/3 de protéines végétales contre 1/3 de protéines animales.

[2] Pour aboutir à ce panier durable, l’étude a réalisé une comparaison entre les 3 principales études déjà menées sur la consommation des Français :

  • Le panier moyen actuel des Français présenté par l’étude INCA 3 (Étude individuelle  des Consommations Alimentaires), réalisée par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’environnement et du travail) et publiée en juillet 2017. Cette étude donne une photographie de la consommation alimentaire actuelle moyenne en France.
  • L’assiette Livewell, réalisée en 2016 par le WWF, qui définit le profil de l’assiette durable en 2020 et en 2030.
  • L’assiette Afterres 2050, issue des travaux de Solagro, qui présente un scénario sur l’évolution des systèmes agricoles et alimentaires français à l’horizon de 2050.

[3] L’impact carbone du panier flexitarien est aligné sur l’engagement de la France dans le cadre de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte et de l’Accord de Paris (réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre françaises d’ici à 2030 par rapport à 1990 et les diviser par 4 entre 1990 et 2050)

[4] Un sondagepublié en octobre 2017 par le WWF France, révélait en effet que les Français sont prêts pour une réelle transition  alimentaire et agricole. Les chiffres du sondage témoignent d'une défiance certaine des Français vis-à-vis du système agricole et agro-alimentaire conventionnel (93% considèrent leur santé impactée par la présence de pesticides dans les aliments consommés), et d’une profonde volonté de changement (70% des Français ont déjà adopté des habitudes de consommation plus durables et sont prêts à aller plus loin).

Vous aimerez aussi...