Plus  d’un  quart  des  Français (surtout les chômeurs et les personnes à bas revenus)  estime  vivre  dans  un   territoire  en  grande  difficulté.  Mais  cette  moyenne masque de très fortes disparités.
À l’échelle régionale, c’est dans les Hauts-de-France que ce sentiment est le plus fort ainsi  qu’en  Bourgogne-Franche-Comté  et  en  Centre-Val de Loire.
À  une  échelle  plus  fine, les  habitants  des  petites  et  moyennes aires urbaines ou des communes isolées sont  les  plus  nombreux  à  considérer  que  leur  territoire est en grande difficulté.

Ces chiffres issus de la dernière publication du Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), montrent que malgré son caractère subjectif et sa forte dépendance  à la situation personnelle des habitants, le regard que  les Français portent sur leur territoire apparaît globalement en cohérence avec les indicateurs socio-économiques. 

Ce  sont  dans  les  territoires  où  les  taux de pauvreté et de chômage sont les plus élevés que les  habitants sont les plus nombreux à estimer leur territoire en grande difficulté.

Ces habitants l'expliquent en partie par le sentiment d'être délaissés par les pouvoirs publics et sont plus nombreux à se poser la question du déménagement. 31  %  des  personnes  à  bas  revenus pensent qu’un  déménagement leur donnerait des atouts supplémentaires, contre 23 % pour les personnes à hauts revenus. C’est également le cas pour 42 % des chômeurs contre 29 % des actifs occupés. Enfin, la  mobilité apparaît attractive pour 37 % des personnes qui pensent que leurs conditions de vie vont se détériorer contre 23 % en moyenne.

La publication révèle que globalement, la moitié des  Français  souhaite déménager dans  les  cinq  prochaines  années  (près  d’un  quart  hors  de  leur   département  de  résidence).  Ce  résultat  confirme  un changement  observé depuis de nombreuses années : il n’y a plus de « refus français » à la mobilité. Ils recherchent majoritairement dans ce déménagement une amélioration de leur cadre de vie que des opportunités professionnelles.

Reste que partir est toujours difficile. Moins de la moitié des souhaits de mobilité des  ménages se concrétise dans  les  4  à  5  ans.  En  2013,  seulement  27  %  des  ménages avaient effectivement changé de logement au cours des quatre années précédentes.

Pourquoi ? Pour le Crédoc, cela vient de la difficulté de se projeter dans un projet de mobilité, la peur de l'avenir et notamment de trouver de réelles opportunités ensuite une fois sur place ainsi que le coût du déménagement.

Faut-il donc partir ou réaliser son projet là où on vit ?

La réponse est claire et peut paraître contradictoire avec leurs aspirations : les trois quarts des  Français  répondent  dans  leur  grande  majorité  (75  %)  qu’ils  préfèrent  une  aide  des  pouvoirs  publics pour réaliser leurs projets de vie dans les territoires dans  lesquels ils  vivent, plutôt que des aides pour s’installer dans un autre territoire...

Les  personnes  percevant  leur  territoire comme en crise ou délaissé, mettent  alors  en  avant  la  nécessité de voir s’installer de nouvelles entreprises, s’améliorer l’offre de soins et la présence de services publics   (mairie, Caisses d’allocations familiales,  Pôle  emploi...). Ces attentes viennent  partiellement  compenser  un  défaut  de  mobilité  :  les  populations   fragiles, ne voyant pas dans un déménagement une solution  à  leurs  problèmes,  notamment  en  termes  d’emploi, demandent que les solutions et les emplois viennent  sur  leur  territoire,  par  l’intervention  des  pouvoirs publics...

 

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